Plafond auto-entrepreneur : le plan d'action 2025 pour ne rien rater (CA, TVA, charges)
En 2025, le plafond de chiffre d'affaires auto-entrepreneur reste fixé à 188 700 euros pour la vente et l'hébergement, et 77 700 euros pour les services et professions libérales (article 50-0 du code général des impôts). La réforme prévoyant un seuil unique de franchise TVA à 25 000 euros a été susp
Le 30 avril 2025, le ministre de l'Économie Éric Lombard a annoncé la suspension de la réforme qui devait faire tomber le seuil de franchise en base de TVA à 25 000 euros. Résultat pour vous, auto-entrepreneur ou futur auto-entrepreneur : les seuils que vous connaissiez restent valables jusqu'à la fin de l'année, mais le sujet du plafond auto-entrepreneur mérite qu'on le regarde d'un bloc, chiffre d'affaires, TVA et cotisations ensemble, plutôt qu'en trois articles séparés qui ne se parlent jamais.
C'est ce qu'on fait ici. Pas de discours sur la liberté entrepreneuriale, juste les chiffres qui comptent et ce qu'ils changent concrètement pour votre trésorerie.
Le plafond auto-entrepreneur de chiffre d'affaires à ne pas dépasser en 2025
Deux plafonds coexistent selon votre activité, fixés par l'article 50-0 du code général des impôts pour la période 2023-2025. Le rappel est court, mais il conditionne tout le reste : dépassez-le deux ans de suite, et c'est votre statut entier qui bascule.
Vente de marchandises et hébergement : 188 700 euros
Si vous achetez pour revendre, si vous vendez à consommer sur place ou si vous louez un logement meublé (hors location non classée), votre plafond de chiffre d'affaires encaissé est de 188 700 euros par an.
Prestations de services et professions libérales : 77 700 euros
Pour toutes les autres activités, prestations de services commerciales, artisanales ou professions libérales, le plafond descend à 77 700 euros. La location meublée de tourisme non classée, elle, plafonne à 15 000 euros, un seuil que beaucoup découvrent trop tard.
Que se passe-t-il si vous dépassez le plafond
Les conséquences d'un dépassement de plafond ne sont pas immédiates la première année. Le régime de la micro-entreprise ne saute que si vous dépassez le plafond deux années civiles de suite. La première année de dépassement sert d'avertissement, la seconde vous fait basculer au régime réel dès le 1er janvier suivant. Si votre activité grossit au point de flirter avec ces seuils depuis plusieurs mois, c'est le bon moment pour regarder si le passage en société a du sens pour vous, plutôt que de subir la bascule un matin de janvier.
Et si vous avez créé votre activité en cours d'année ?
Le plafond ne s'applique pas en année pleine si vous avez démarré en mars ou en septembre. Il fait l'objet d'une proratisation au nombre de jours d'activité sur l'année civile : un créateur qui débute le 1er juillet dispose environ de la moitié du plafond annuel pour les six premiers mois. C'est un détail que beaucoup de créateurs découvrent en fin d'année, en pleine panique, alors qu'un calcul de deux minutes au départ aurait suffi à l'anticiper.
La TVA en 2025 : le seuil qui a failli tout changer
Ici, les choses se sont jouées à quelques semaines près. Comprendre pourquoi vous permet de ne pas vous faire surprendre si le sujet revient sur la table.
Les seuils en vigueur pour 2025
Pour la vente de marchandises et la fourniture de logement, la franchise en base de TVA s'applique jusqu'à 85 000 euros de chiffre d'affaires l'année précédente, avec un seuil majoré à 93 500 euros l'année en cours. Pour les prestations de services, le seuil de base est de 37 500 euros et le seuil majoré de 41 250 euros.
| Activité | Plafond de chiffre d'affaires | Seuil de franchise TVA | Seuil TVA majoré |
|---|---|---|---|
| Vente et hébergement | 188 700 € | 85 000 € | 93 500 € |
| Services et professions libérales | 77 700 € | 37 500 € | 41 250 € |
Ces chiffres ont failli disparaître. La loi de finances pour 2025 prévoyait un seuil unique à 25 000 euros dès le 1er mars 2025, quel que soit votre secteur. Après la mobilisation des fédérations professionnelles, le gouvernement a annoncé un premier report le 28 février, puis une suspension étendue jusqu'au 31 décembre 2025 le 30 avril, formalisée par une publication de l'administration fiscale le 28 mai. Le texte de référence est consultable sur le site des impôts.
Le vrai changement de 2025 : la fin de la tolérance sur deux ans
Voilà le changement qui, lui, s'applique bel et bien depuis le 1er janvier 2025, sans suspension. Avant, dépasser le seuil de base sans franchir le seuil majoré pendant deux années civiles de suite était nécessaire pour perdre la franchise. Ce n'est plus le cas : un seul dépassement du seuil de base suffit désormais à faire perdre la franchise à compter du 1er janvier de l'année suivante. Et si vous franchissez directement le seuil majoré en cours d'année, la sortie de la franchise est immédiate, dès la date exacte du dépassement, pas le premier jour du mois comme le prévoyait l'ancienne règle. L'article 293 B du code général des impôts, dans sa version en vigueur, ne mentionne plus aucune tolérance sur deux ans.
Ce que ça change concrètement pour vous
Deux mécanismes bien distincts se sont donc joués en même temps en 2025. Le seuil unique à 25 000 euros reste suspendu, mais la fin de la tolérance sur deux ans, elle, est déjà en vigueur : surveillez votre chiffre d'affaires cumulé toute l'année, pas seulement en fin d'exercice, un dépassement du seuil de base en 2025 vous fera facturer la TVA dès 2026 même si vous restez sous le seuil majoré. Un client qui vous a vu passer à la TVA une fois s'en souvient.
Les charges sociales par activité, le tableau que personne ne vous donne
Vos cotisations sociales se calculent en appliquant un taux fixe à votre chiffre d'affaires encaissé, sans déduction de charges au préalable. C'est simple à calculer, moins simple à voir partir le jour où le virement URSSAF s'exécute.
Le taux selon votre activité
Pour une activité de vente de marchandises, le taux global est de 12,3 %. Pour une prestation de service commerciale ou artisanale relevant du BIC, il monte à 21,2 %. Pour une prestation de service ou une profession libérale non réglementée relevant du régime général en BNC, il atteint 24,6 % depuis le 1er janvier 2025, contre 21,1 % avant juillet 2024 : une hausse progressive étalée sur trois ans, fixée par décret, qui se poursuivra en 2026. Les professions libérales relevant de la Cipav, elles, cotisent à 23,2 % depuis le 1er janvier 2025.
La déclaration du chiffre d'affaires encaissé se fait à l'URSSAF chaque mois ou chaque trimestre selon l'option choisie à la création, et le prélèvement se calcule automatiquement sur cette base. Une contribution à la formation professionnelle (CFP) s'ajoute systématiquement à ces taux : 0,1 % pour une activité commerciale, 0,3 % pour une activité artisanale, 0,2 % pour une activité libérale. Elle paraît anecdotique sur le relevé, elle finance pourtant vos droits à la formation : à ne pas ignorer sous prétexte qu'elle est petite.
Le cas Cipav, à ne pas confondre
Si vous relevez de la Cipav (architectes, professions paramédicales non réglementées, certains consultants), votre taux et votre régime de retraite diffèrent de la majorité des indépendants en BNC. Vérifiez votre affiliation exacte avant de recopier un taux trouvé sur un forum : l'écart entre 23,2 % et 24,6 % pèse vite sur un chiffre d'affaires à cinq chiffres.
Le plan d'action avant la fin de l'année
Trois choses à faire, dans cet ordre.
Un, calculez votre chiffre d'affaires cumulé depuis janvier et projetez-le sur 12 mois. Si vous approchez 70 % du plafond de votre catégorie, commencez à regarder les options plutôt que d'attendre l'alerte de l'URSSAF. Un tableur suffit, pas besoin d'un logiciel de gestion à 40 euros par mois pour trois lignes de calcul.
Deux, vérifiez si vous avez droit à l'ACRE. L'exonération partielle de cotisations la première année change réellement le calcul de rentabilité d'un lancement, les conditions sont détaillées ici, et beaucoup de créateurs ne la demandent jamais faute de savoir qu'elle existe.
Trois, mettez à jour votre simulation de trésorerie avec les vrais taux, pas une moyenne approximative trouvée en cinq minutes : le détail du calcul et des échéances se trouve ici. Pensez aussi à la CFE, une charge que les guides génériques oublient trop souvent, expliquée en détail sur cette page. Si le choix du statut de départ vous travaille encore, ce comparatif entre micro-entreprise et EURL pose les bonnes questions avant de trancher.
Votre banquier vous demandera un prévisionnel un jour ou l'autre. Autant que les chiffres dedans soient les bons.
FAQ
- Quel est le chiffre d'affaires maximum pour un auto-entrepreneur en 2025 ?
- 188 700 euros pour la vente de marchandises et l'hébergement, 77 700 euros pour les prestations de services et les professions libérales. Ces plafonds s'appliquent depuis 2023 et restent valables jusqu'à la fin de 2025.
- Un auto-entrepreneur doit-il payer la TVA en 2025 ?
- Non, tant que son chiffre d'affaires reste sous 85 000 euros pour la vente ou 37 500 euros pour les services. Le projet de seuil unique à 25 000 euros, prévu au 1er mars 2025, a été suspendu jusqu'au 31 décembre 2025.
- Que se passe-t-il en cas de dépassement du plafond ?
- Un dépassement une seule année ne change rien. Deux années civiles consécutives au-dessus du plafond font sortir du régime de la micro-entreprise au 1er janvier suivant.
- Comment calculer mes cotisations sociales exactes ?
- Multipliez votre chiffre d'affaires encaissé par le taux de votre activité : 12,3 % pour la vente, 21,2 % pour les services en BIC, 24,6 % pour les BNC au régime général, 23,2 % pour la Cipav. Ajoutez ensuite la contribution à la formation professionnelle, entre 0,1 % et 0,3 % selon l'activité.
- Le seuil de TVA va-t-il baisser à 25 000 euros ?
- La question reste ouverte au-delà de 2025. La réforme du seuil unique a seulement été suspendue, pas abandonnée, et pourrait revenir dans un prochain débat budgétaire. En revanche, la fin de la tolérance sur deux années consécutives de dépassement, elle, s'applique déjà depuis le 1er janvier 2025 et n'a pas été suspendue.
- Quand ai-je le droit à l'ACRE en tant qu'auto-entrepreneur ?
L'ACRE dépend de votre situation avant la création (demandeur d'emploi, moins de 26 ans, bénéficiaire de certains minima sociaux, entre autres cas). En 2025, aucun délai fixe ne s'impose pour la demander : mieux vaut la faire dès la création plutôt que d'attendre, car un dossier tardif complique le traitement par l'Urssaf. Elle réduit vos cotisations sans changer les taux affichés plus haut : elle s'applique en amont, sur la base de calcul.
Un dernier repère pour la route : le plafond de chiffre d'affaires, le seuil de TVA et le taux de cotisations sont trois curseurs indépendants qui bougent chacun à leur rythme. Suivez-les ensemble, pas un par un, et la fin d'année ne vous réservera pas de mauvaise surprise.
Écrit par
Camille Vasseur
Ex-journaliste économique, Camille a couvert la scène French Tech pendant 8 ans avant de fonder Genaisse.