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Financement & Levée de fonds

Aide à la création d’entreprise : ACRE, ARE ou ARCE, que demander et dans quel ordre ?

Au 26 juillet 2025, l’ACRE réduit de 50 % les cotisations sociales du micro-entrepreneur éligible pendant la période prévue. L’ARCE représente 60 % des droits ARE restants, avec une déduction de 3 %, puis un versement en 2 fois à 6 mois d’intervalle. Pour les nouveaux droits concernés depuis le 1er

Camille Vasseur·26 juillet 2025·10 min
Aide à la création d’entreprise : ACRE, ARE ou ARCE, que demander et dans quel ordre ?

L’ACRE, l’ARE et l’ARCE ont presque les mêmes lettres, mais pas le même rôle. L’ACRE réduit vos cotisations sociales. L’ARE maintient un revenu mensuel. L’ARCE transforme une partie de vos droits au chômage en capital. Cette aide à la création d’entreprise ne se choisit donc pas en collectionnant les formulaires. Il faut d’abord identifier votre besoin : alléger vos charges, sécuriser votre budget personnel ou financer un investissement de départ.

Le point clé est simple : l’ACRE peut se cumuler avec l’ARE ou l’ARCE, mais vous devez choisir entre le maintien de l’ARE et l’ARCE. Une fois cette logique comprise, les acronymes deviennent nettement moins impressionnants. Ils ne méritaient pas vraiment 4 cafés et un tableau Excel.

Aide à la création d'entreprise : ACRE, ARE et ARCE sans confusion

L’ACRE est une exonération de cotisations sociales, tandis que l’ARE et l’ARCE utilisent vos droits à l’assurance chômage. L’ARE est versée mois après mois et varie avec vos revenus. L’ARCE est un capital versé en 2 fois.

DispositifCe qu’il apporteOrganismeCumul principal
ACREExonération temporaire de cotisations socialesUrssafCompatible avec ARE ou ARCE
ARE maintenueComplément mensuel ajusté selon vos revenusFrance TravailIncompatible avec ARCE
ARCE60 % des droits ARE restants sous forme de capital, avant retenuesFrance TravailNécessite l’ACRE, incompatible avec le maintien de l’ARE

Ce guide reste volontairement dans ce périmètre. Les prêts, aides locales et financements attribués après examen d’un dossier relèvent d’une autre logique. Pour cette partie, consultez le guide sur les subventions et concours à la création d’entreprise.

L’ACRE réduit vos cotisations sociales au démarrage

L’ACRE est l’aide à demander ou à vérifier en premier, car elle agit sur le coût social de votre activité. En juillet 2025, elle permet au micro-entrepreneur éligible de bénéficier d’une réduction de 50 % de ses cotisations sociales jusqu’à la fin du 3e trimestre civil suivant le début d’activité.

Les personnes éligibles comprennent notamment les demandeurs d’emploi indemnisés, certains demandeurs non indemnisés, les bénéficiaires du RSA ou de l’ASS et plusieurs catégories de jeunes créateurs. Vous ne devez pas avoir bénéficié de l’ACRE au cours des 3 années précédentes.

Micro-entrepreneur : demandez l’ACRE sans attendre

Pour une micro-entreprise, l’ACRE n’est pas un bonus à réclamer quand la trésorerie commence à grincer. La demande doit être transmise à l’Urssaf après la création, avec le justificatif d’activité et les pièces prouvant votre éligibilité. Faites-le immédiatement après l’immatriculation.

La durée dépend du calendrier civil. Un début d’activité au commencement d’un trimestre permet de profiter plus longtemps du taux réduit. Choisir sa date uniquement pour l’ACRE serait excessif, mais démarrer le 2 juillet plutôt que le 28 septembre peut avoir un effet réel. Le calendrier administratif a parfois plus d’imagination que le jargon business.

Pour une entreprise individuelle hors micro ou une société, les règles de calcul diffèrent. En 2025, l’ACRE est accordée automatiquement dans ces situations lorsque les conditions sont remplies, avec une exonération liée au revenu du bénéficiaire. Le choix du statut reste donc important. Le comparatif micro-entreprise ou EURL vous aide à ne pas décider uniquement sur la simplicité du formulaire.

Exemple : l’économie ACRE pour une activité libérale micro

Cotisations sociales d’une micro-entreprise libérale hors Cipav pour 10 000 €, 20 000 € et 30 000 € de chiffre d’affaires, comparées avec et sans ACRE

Prenons une activité libérale non réglementée ne relevant pas de la Cipav. Au 26 juillet 2025, son taux de cotisations sociales est de 24,6 % du chiffre d’affaires. Avec l’ACRE, la réduction de 50 % ramène ce taux à 12,3 % pendant la période d’exonération.

Chiffre d’affaires encaisséCotisations au taux normal de 24,6 %Cotisations avec ACRE à 12,3 %Économie
10 000 €2 460 €1 230 €1 230 €
20 000 €4 920 €2 460 €2 460 €
30 000 €7 380 €3 690 €3 690 €

Ces montants ne sont pas une promesse de revenu disponible. Ils isolent uniquement les cotisations sociales, hors contribution à la formation professionnelle, impôt et autres frais. Intégrez-les à votre budget, puis vérifiez que le statut choisi reste cohérent avec vos charges réelles.

Le maintien de l’ARE protège votre revenu mensuel

Le maintien de l’ARE convient aux activités qui démarrent progressivement et nécessitent peu de capital. Vous restez inscrit à France Travail, vous vous actualisez chaque mois et votre allocation est ajustée selon les revenus tirés de l’activité non salariée.

La formule de base est la suivante : allocation mensuelle théorique moins 70 % des rémunérations déclarées aux assurances sociales. Pour un micro-entrepreneur, France Travail part du chiffre d’affaires après l’abattement professionnel applicable à l’activité. Le cumul de vos revenus et de l’allocation ne peut pas dépasser le salaire mensuel moyen ayant servi au calcul de vos droits.

Quand les revenus ne sont pas encore connus, France Travail peut verser un paiement provisoire avant régularisation. Vous devez donc garder vos justificatifs et actualiser votre situation même si le mois s’est résumé à prospecter, relancer et expliquer à votre entourage que non, le lancement n’est pas encore une retraite anticipée.

La limite introduite au 1er avril 2025

Pour les droits à l’ARE ouverts à la suite d’une fin de contrat de travail ou d’une procédure de licenciement intervenue à compter du 1er avril 2025, le cumul lié à l’activité non salariée est limité à 60 % des droits restants au début de l’activité. Cette règle ne doit pas être appliquée aveuglément aux droits ouverts sous l’ancienne réglementation.

Une possibilité existe pour demander l’utilisation des 40 % restants auprès de l’instance paritaire régionale lorsque l’activité est réelle mais ne procure pas de rémunération. Ce n’est pas automatique. La meilleure démarche reste de faire confirmer votre situation précise par France Travail avant de bâtir un budget sur 12 mois.

L’ARCE transforme une partie de vos droits en capital

L’ARCE répond à un besoin différent : disposer d’argent au lancement pour acheter du matériel, constituer un stock ou financer une dépense identifiée. Elle représente 60 % de vos droits ARE restants, puis une participation de 3 % destinée au financement des retraites complémentaires est déduite du capital calculé.

Pour obtenir l’ARCE, vous devez bénéficier de l’ARE, avoir créé ou repris une entreprise en France après la fin de votre contrat et bénéficier de l’ACRE. Le maintien mensuel de l’ARE s’arrête alors au profit du capital.

Exemple avec 20 000 € de droits ARE restants

Avec un reliquat de 20 000 €, le capital brut ARCE est de 12 000 €, soit 20 000 € multipliés par 60 %. Après la déduction de 3 %, le capital ressort à 11 640 €. Il est versé en 2 parts égales de 5 820 €.

ÉlémentCalculMontant
Capital ARCE avant déduction20 000 € x 60 %12 000 €
Capital après déduction de 3 %12 000 € x 97 %11 640 €
1er versement11 640 € / 25 820 €
2e versement11 640 € / 25 820 €

Le 1er versement intervient lorsque les conditions sont réunies. Le 2e arrive 6 mois plus tard si l’activité existe toujours. Depuis le 1er avril 2025, vous ne devez pas exercer un CDI à temps plein au moment du 2e versement.

Les 40 % de droits non transformés en ARCE ne sont pas immédiatement perdus. Si l’activité cesse, vous pouvez demander la reprise de l’ARE en vous réinscrivant, sous réserve de vos droits et des délais applicables. Un différé peut notamment correspondre au nombre de jours représenté par le 2e versement.

ARE ou ARCE : choisissez selon votre trésorerie

Le bon choix n’est pas celui qui verse le plus vite, mais celui qui évite de mettre votre foyer sous tension. L’ARE protège un budget mensuel. L’ARCE finance un besoin initial précis. Un capital sans budget précis devient vite une avance sur vos prochaines erreurs.

Votre situationOption généralement la plus cohérentePourquoi
Freelance avec peu de frais et premiers clients incertainsMaintien de l’ARELe revenu mensuel limite la pression personnelle pendant la prospection
Boutique avec stock ou matériel à payer avant les ventesARCELe capital finance une dépense de lancement identifiée
Activité déjà testée avec revenus rapidesARCE à étudierLe maintien de l’ARE diminuera avec la rémunération
Projet sans budget de trésorerie fiableMaintien de l’ARE par prudenceLe capital risque d’être consommé sans créer de revenu durable

Mon avis est net : ne choisissez pas l’ARCE uniquement parce que le montant affiché semble confortable. Listez d’abord chaque dépense de démarrage, sa date et son effet attendu sur les ventes. Si vous ne savez pas affecter le capital ligne par ligne, le maintien de l’ARE est souvent plus raisonnable.

L’ACRE allège la facture, l’ARE lisse le mois, l’ARCE remplit la caisse. Pour compléter le plan de financement au-delà de ces droits, le guide pour financer une entreprise sans apport personnel détaille les autres leviers sans transformer chaque aide en argent gratuit. Ce serait pratique. Ce n’est pas le système.

Les démarches dans le bon ordre

Une aide à la création d’entreprise se sécurise avant de dépenser l’argent qu’elle est censée apporter. Suivez cette séquence et conservez chaque justificatif.

  • Étape 1 : faites confirmer vos droits ARE et leur reliquat par France Travail avant la création.
  • Étape 2 : immatriculez l’activité et téléchargez le justificatif du guichet unique.
  • Étape 3 : vérifiez l’ACRE. Si vous créez une micro-entreprise, transmettez immédiatement la demande et les justificatifs à l’Urssaf.
  • Étape 4 : préparez un budget personnel et un budget professionnel sur 6 mois.
  • Étape 5 : choisissez le maintien de l’ARE ou demandez l’ARCE à France Travail.
  • Étape 6 : si vous conservez l’ARE, actualisez-vous chaque mois et transmettez les revenus ou justificatifs demandés.
  • Étape 7 : si vous choisissez l’ARCE, notez la date du 2e versement et vérifiez les conditions avant l’échéance.

FAQ

Peut-on cumuler l’ACRE et l’ARE ?
Oui. L’ACRE réduit vos cotisations sociales et l’ARE peut compléter vos revenus mensuels. En revanche, vous ne pouvez pas percevoir simultanément le maintien de l’ARE et l’ARCE pour les mêmes droits.
Peut-on obtenir l’ARCE sans ACRE ?
Non. Le bénéfice de l’ACRE fait partie des conditions d’attribution de l’ARCE. Vérifiez donc l’ACRE avant de déposer votre demande de capital auprès de France Travail.
L’ARCE correspond-elle à 60 % de l’ensemble de mes droits initiaux ?
Non. Le calcul porte sur les droits ARE qui restent à verser à la date retenue pour la création ou la reprise. Une déduction de 3 % est ensuite appliquée au capital.
Quand faut-il préférer le maintien de l’ARE ?
Le maintien de l’ARE est généralement plus adapté lorsque votre activité demande peu d’investissement, que les revenus seront irréguliers ou que votre budget personnel dépend encore d’un versement mensuel.
Que deviennent les 40 % non versés avec l’ARCE ?
Ils restent des droits potentiels. En cas de cessation de l’activité et de réinscription à France Travail, une reprise de l’ARE peut être possible, sous réserve des délais, du reliquat et du différé applicable.

Votre première action aujourd’hui

Ouvrez votre espace France Travail et notez 3 informations : le montant journalier de votre ARE, le nombre de jours restants et la date d’ouverture de vos droits. Ensuite, chiffre par chiffre, comparez 6 mois de maintien ARE au capital ARCE disponible.

Vous n’avez pas besoin de choisir en 10 minutes. Vous avez besoin de choisir avec les bons chiffres. C’est moins spectaculaire qu’un pitch de startup, mais nettement meilleur pour dormir.

Camille Vasseur

Écrit par

Camille Vasseur

Ex-journaliste économique, Camille a couvert la scène French Tech pendant 8 ans avant de fonder Genaisse.