| Voir le sujet précédent :: Voir le sujet suivant |
| Auteur |
Message |
|
|
 |
Kronos Suprème actif


Sexe:  Inscrit le: 19 Mai 2005 Messages: 4619 Localisation: Lille (59)
|
Posté le: Lun Juin 13, 2005 5:30 pm Sujet du message: Ma Fanfic Battle Royale |
|
|
Bon je vous préviens tout de suite, ames sensibles s'abstenir (c'est a dire,
moins de 12 ans lol), parce que ce "script" est inspirée du film "Battle
Royale", et donc même si dans les premiers chapitres, c'est relativement
calme, la suite devient plus "dure"... lol
Si vous aimez pas Battle Royale, vous aimerez pas, ou alors j'espère que vous
aimerez au moins ce que j'ai écrit... Je ne poste que 3 chapitres pour
l'instant (je vous épargne les 9 chapitres restants déja écrits, plus les 3 ou
4 derniers à venir), et posterai la suite plus tard ^^ Voilà si vous avez le
courage de lire, et de me donner votre avis... Merci ^^
LA DERNIERE CHANCE
(BATTLE ROYALE)
Ecrit par Fabien S.
Chapitre 1 – Une vie banale de lycéen
Diego ne lâchait pas des yeux le papillon, qui virevoltait au dessus de sa
tête. Le ciel était bleu, et le rouge ocre des ailes du papillon créait un
véritable ballet de couleurs. L’insecte se posa sur une branche de l’arbre.
Diego leva la tête vers la branche. Le papillon resta là quelques instants,
puis il s’envola et disparut.
- Hé, Diaz ! Tu viens, avec toi ça fera 5 contre 5 !
Diego sursauta, et se retourna vers Romain, qui était sur le terrain, au
milieu des autres. Toute la classe était là, enfin c’étaient les garçons, bien
sûr, car les filles ne jouaient pas au foot. Les filles n’étaient pas là, mais
Diego aperçut quand même Marina et Chloé, assises sur l’herbe, de l’autre côté
du terrain, entrain de rire, Dieu sait pourquoi. Diego sentit que tout le
monde le regardait. Il détestait ceux de sa classe et hésita à se lever.
- Allez, tu viens, Diègue !
Cette fois, c’était Florian qui l’appelait. Il était adossé au but, et avait
la tête tournée vers lui, arborant un superbe sourire. Diego resta assis
pendant encore quelques secondes, puis finit par se lever. Florian était son
pote, et Diego jouerait parce qu’il lui avait demandé, s’il n’avait pas été
là, Romain et les autres pouvaient encore attendre jusqu'à la Saint Glinglin.
Diego avança vers les autres, et Romain lui montra son poste.
On était au mois de Juin, et il faisait un temps idéal pour faire une partie
de foot, même si à cette heure là, les élèves de TES2 étaient censés être en
cours d’Espagnol. Diego, Florian et les plus sérieux y allaient d’habitude,
mais comme c’était la fin de l’année, et que Diego était sûr d’avoir la note
maximale dans cette matière en raison de ses origines, - son père était
espagnol et lui parlait en espagnol à la maison- ils avaient finis par
rejoindre la bande de Romain au terrain de foot du lycée. Ce terrain servait
quand il y avait des cours de sport, mais en Mai, le sport, c’était la
piscine, et le judo.
Le terrain était une bonne planque quand on voulait sécher quelques cours,
parce qu’il y avait des arbres de tous les côtés, et en se mettant en dessous,
un prof passant par là ne risquait pas de vous voir. Ainsi, c’était le
principal endroit où squattaient les élèves, sous les arbres, où ils fumaient
quelques joints, buvaient même, et jouaient au foot, quand les cours avaient
commencés, et après s’être assurés qu’il n’y avait pas leur prof à leur
recherche.
Quand il faisait froid, en Hiver, ils allaient à la cafétéria du lycée, mais
les profs les trouvaient facilement. Il leur suffisait d’ouvrir la porte, et
devant eux s’offrait le spectacle de 4 ou 5 élèves assis à une table entrain
de jouer à la belote. La plupart du temps, le prof ne se mettait pas en
colère, et leur disait de venir en cours, mais certaines fois, ils les collait
tous et les envoyait chez le CPE, celui qui s’occupait de la discipline au
lycée. Aussi, ils ne se rendaient pas souvent à la cafét, et rentraient
directement chez eux, ou même ne venaient pas du tout, et se retrouvaient en
ville.
Le taux d’absence de la classe était énorme : Sur les 23 élèves de la classe,
environ 7 ne venaient presque jamais, et 5 étaient là une fois sur deux. Ce
n’était pas un phénomène uniquement observable chez les TES2, tous les élèves,
dans tous les lycées du pays, séchaient, et c’était devenu un véritable fléau.
Les profs ne donnaient cours qu’a 10 ou 11 élèves. Les autres ne venaient pas,
repiquaient, ou même arrêtaient l’école. Les profs ne disaient rien… Après
tout, ce n’était pas leur avenir qui était en jeu, eux ils avaient un boulot,
de l’argent, une situation stable, alors à quoi bon...
Diego savait très bien tout ça, et il même s’il aimait sécher, il n’aimait pas
l’idée que d’autres ne le faisaient pas, et qu’il risquait de redoubler à
cause de cela. Aussi, il ne séchait pas souvent, et était souvent à l’écart du
groupe. Son vrai seul ami dans la classe était Florian, les autres n’étant
pour lui que des ‘camarades’ qu’il fallait supporter à longueur de journée.
Le match dura une bonne heure, sur l’ensemble, Diego fit une bonne partie. Il
marqua même un but. Florian, Adrien, et quelques uns lui tapotèrent l’épaule
quand il marqua, et Diego se sentit à ce moment là quelqu’un d’autre, il se
sentit plus fort qu’eux. Tout ça parce qu’il avait marqué et qu’on lui
manifestait de la gratitude…
- C’était un bon match, bravo pour ton but…
Florian avait balancé ça sur un ton enjoué et enthousiaste : Ils avaient
gagnés.
- Mouais, c’était cool, j’suis content d’avoir marqué, t’as vu la tronche de
Romain quand j’ai marqué !
- Tu parles si j’ai vu, il était trop dégue, répondit Flo en riant.
Diego éclata de rire, et frappa sur l’épaule de Flo, quand Adrien arriva vers
eux et s’assit à coté d’eux sur l’herbe.
- Ouaich Diègue, tu t’es baladé aujourd’hui, faudrait que tu sèches plus
souvent !
Adrien sourit, et Diego et Flo le regardèrent quelques secondes en se retenant
puis éclatèrent de rire. Adrien était aussi un ami de Diego, c’était l’un des
seuls qui ne lui prenait pas la tête. Il était comme Flo, souriant, aimant
rire, mais il était réservé, calme… Il avait cet air, celui qu’on a quand on
est sûr de tout maîtriser parfaitement, de lui dégageait l’expression de la
force tranquille. Florian, en revanche était beaucoup moins réservé… Il aimait
rire, se moquer gentiment des autres – mais jamais de ses amis – et il créait
souvent des délires sur n’importe quoi, et ça se finissait toujours par des
éclats de rire. Diego était plus comme Adrien, calme, réservé… Mais il l’était
beaucoup plus, à vrai dire, il était très réservé, timide, et il ne se
confiait jamais à personne, il était très mystérieux, et ne parlait pas
beaucoup, sauf à ses vrais amis.
- Bonne idée, de toute façon j’suis pas chaud pour aller en maths cet aprèm et
pour voir la sale gueule de Dievry, il va encore me prendre la tête.
- Ouais mais en même temps, c’est lui qui vient avec nous demain, c’est le
prof principal. Il serait pas content si on venait pas à son cours, et il nous
ferais la misère pendant tout le voyage, dit Florian.
Adrien et Diego se regardèrent et semblèrent s’être mis d’accord, il valait
mieux ne pas sécher le cours de Maths. Dievry était une peau de vache, un
emmerdeur de première, mais c’était le professeur principal et s’ils voulaient
avoir la paix pendant leur voyage de fin d’année, il valait mieux venir à son
cours et lui lécher les bottes.
- O.K. c’est vrai, t’as raison, Flo, répondit Adrien. Faut pas se mettre cet
enfoiré sur le dos, vaux mieux qu’il se défoule sur Romain et sa bande.
- Au fait, vous avez pris de l’argent pour le voyage ? Combien ?
- Pas loin de 50 euros, lança Adrien.
- Et toi, Diègue ?
Diego resta quelques secondes silencieux. Il n’aimait pas les surnoms, mais
Diègue, ça allait encore. Les autres, ses ‘camarades’, l’appelaient Diaz, son
nom de famille, alors quand on l’appelait Diègue, ça voulait dire que celui
qui l’appelait comme ça le considérait comme un ami.
- Moi, 70 euros à peu près… Pour acheter des trucs à mes parents, tout ça
quoi.
Flo hocha la tête l’air satisfait. Ils se levèrent tous en même temps, et se
dirigèrent vers l’entrée du lycée. Ils passèrent devant le concierge, qui ne
disait plus rien maintenant : A force de crier sur les élèves, il en avait
perdu la voix… Il était fatigué de tout ça et attendait patiemment l’heure de
la retraite.
Dans la cour du lycée, les élèves des 3 classes de Terminale étaient devant
les numéros des salles où devaient avoir lieu leurs cours. Ainsi, cet
après-midi là, les TES2 étaient tous massés devant le numéro 125. Diego se mis
à coté de Flo, qui n’arrêtait pas de parler. « Celui-là, quand il est lancé,
pas moyen de l’arrêter », pensa Diego. Adrien était derrière eux, et riait
avec eux. Diego allait dire quelque chose à Flo, quand soudain, le temps
s’arrêta autour de lui, et il se sentit flotter. Adrien le remarqua, et suivit
Diego du regard, en souriant.
- T’es troublé Diègue, on dirait, dit Adrien, l’air amusé.
- Tu sais que tu devrais lui dire, au lieu de la fixer à chaque fois, c’est
pas comme ça que tu vas sortir avec, lança Florian en riant.
Mais Diego n’entendait rien à ce qu’ils disaient, il observait Julie… Julie
Deresmez, la plus jolie fille du lycée, le genre de fille qui, quand elle
marchait, faisait se retourner tous les garçons... Celle qui rendait Diego
nerveux à chaque fois qu’elle lui parlait, qui le paralysait… Ses yeux noirs
en amande, ses cheveux noirs, sa peau typée espagnole, sa voix, tout en elle
rendait Diego fou, fou d’elle, et le paralysait. Il l’avait aimé dès la 1ere
seconde, mais il n’avait jamais osé le lui dire, et il s’en voulait, surtout à
l’approche des vacances d’été. Mais comment une fille comme elle aimerait un
garçon comme lui de toute façon, se dit-il… Il passait son temps à la regarder
pendant les cours de maths, de français, et quand on lui posait des questions
ayant rapport au cours, il ne savait jamais quoi dire, et c’était pour cela
que Mr. Dievry l’avait pris en grippe, lui qui était l’un des élèves les plus
sérieux pourtant.
- C’est toujours plus facile à dire qu’à faire, répondit Diego, avec un
sourire.
Flo secoua la tête, ouvrit la bouche pour parler, mais il fut interrompu par
la sonnerie. Mr. Dievry était face à la classe, et leur fit signe de le suivre
jusqu'à la salle de classe, la n° 125.
Chapitre 2 – Le voyage de la dernière chance
Diego était assis à coté de Florian, et regardait par la vitre les parents,
qui attendaient, en bavardant et en riant, que le bus parte. C’était enfin le
voyage de fin d’année, toute une semaine à parcourir l’Italie, et tout le
monde dans le bus était surexcité.
Au fond du bus, la bande à Romain mettait l’ambiance, comme d’habitude. Cette
« bande » avait été formée bien avant le lycée, car tous étaient déjà dans la
même classe au collège. Ils se connaissaient tous très bien, ce qui expliquait
peut être que Diego et Florian aient été les seuls à ne pas être intégrés dans
ce groupe, étant donné qu’ils venaient de collèges différents.
Romain Faure était bien sûr le chef de la bande. Il était autrefois un élève
sérieux, et était le meilleur ami de Florian, mais le collège les avait
séparé, et Florian avait retrouvé son ami au lycée, où il l’avait trouvé
métamorphosé, depuis sa rencontre avec Laurent Talmet, Cyril Durel et Valentin
Lecleve, avec qui il avait formé une bande. Ils rendaient les profs fous,
séchaient sans modération… Mais ce n’était pas une bande de voyous, car quand
il le fallait, ils savaient être sérieux, et travailler.
Au début, Diego les avait trouvé sympathiques, mais il avait changé d’avis
quand ils avaient commencés à le prendre pour leur tête de turc, en raison de
ses origines espagnoles, et de son caractère effacé. Au début, il avait
protesté, mais ils continuaient, et il se rendit compte avec le temps que
c’est en ne réagissant pas qu’ils le laisseraient tranquilles, et depuis,
c’est ce qu’il faisait. Il restait le plus souvent avec Florian, et Adrien,
qui allait et venait, ne sachant dans quel camp rester. Ensemble, ils
formaient un sacré trio, et étaient tous les trois très soudés : Un jour,
Diego avait eu un problème avec ses parents, et Florian l’avait hébergé
pendant une semaine sans rien lui demander en retour…
- Je crois que ça va être un sacré voyage ! lança Adrien, assis seul derrière
eux.
- Ouais, j’crois que ça va être mémorable, répondit Diego, en se retournant
vers lui.
Florian se mit à rire, et frappa sur l’épaule de Diego. Il avait l’index tendu
vers Marion Wilenski, qui s’était ramassée à terre. Marion était une gentille
fille, mais tout le monde la charriait à cause de ses lunettes, et parce
qu’elle était la seule à considérer les études comme le plus important. Elle
se releva rapidement, et vint s’asseoir à coté de Sarah Paillard. Sarah était
très belle, très populaire au lycée, mais elle ne faisait jamais rien pour
l’être, elle ne parlait à personne – ou très peu - et restait toujours assise
seule en cours et dans le bus… Quand Marion vint s’asseoir à coté d’elle,
Sarah ne dit rien, et continua à regarder droit devant elle.
Diego chercha Julie du regard, et il finit par la trouver, assise à l’avant du
bus, à côté de Marina Sirat, qui riait avec elle à gorge déployée. Marina
riait exactement comme la veille, au terrain de foot. En fait, elle riait tout
le temps, c’était une fille « survoltée », comme elle aimait le dire. Chloé
Kara était assise devant Julie et Marina, et riait avec elles, les bras
appuyés sur le dossier de son siège. A coté d’elle, Sylvia Stabio, qui était
occupée à lire un magasine, ne riait pas, mais arborait un petit sourire.
Diego se demanda de quoi elles riaient, mais il ne le saurait jamais,
pensa-t-il. C’est alors que Mr. Dievry monta dans le bus, et pris le micro
posé sur le bord.
- Silence s’il vous plait… On va partir, le trajet va durer un bon moment,
alors tâchez de dormir, vous aurez besoin de forces pour visiter Rome
demain...
La bande à Romain se mit à rire et à siffler, et tout le monde dans le bus se
mit à rire. Mr. Dievry ne réagit pas, et posa le micro, avant de s’asseoir
derrière le chauffeur. Le bus commença a bouger, et les parents à retourner
vers leurs voitures. Diego sortit son lecteur CD de son sac, et mit les
écouteurs sur ses oreilles. Il ferma les yeux, pensa à Julie, qui était à
quelques mètres de lui, et il se dit qu’il aimerait vraiment qu’elle soit plus
près que ça, et que ce voyage était peut être sa dernière chance… Puis il
s’endormit, bercé par la musique qui circulait dans ses oreilles...
Le rêve de Diego était étrange, comme tous les rêves le sont, bien sûr. Il
était assis avec Julie sur le bord d’une piscine, en maillot de bain, bronzé,
et il riait avec elle. Le ciel était bleu et les rayons brûlants du soleil
léchaient doucement leur peau mouillée. Soudain, le ciel devint noir, et un
monstre sortit du fond de la piscine. Il ressemblait à un énorme requin, et
fonçait droit sur eux. Diego se leva, prit Julie par l’épaule, et l’emmena à
l’abri sous un parasol. Mais le requin sortit de l’eau, et courut vers eux.
Alors, Diego sortit alors d’on ne sait où un revolver et tira sur le requin,
qui se transforma soudain en être humain. Diego approcha du corps, qui se
révéla avoir le visage de Julie. Alors, Diego tourna la tête vers Julie qui
était restée derrière lui, et ne vit personne… Julie était à ses pieds, morte,
une balle dans le cou. Diego se mit alors à hurler, et c’est à ce moment là
qu’il se réveilla, criant de toutes ses forces…
Diego s’attendait à ce que tout le monde dans le bus se réveille, mais
personne ne broncha. Diego regarda autour de lui, et vit que tout le monde
dormait. Il faisait nuit, et le silence régnait dans le bus, alors qu’il
s’attendait à entendre Romain rire avec ses copains. Il se redressa sur son
siège, et vit Mr. Dievry avancer vers lui. Diego s’attendit à entendre Dievry
le sermonner, mais il remarqua soudain le masque à son visage, et la matraque
qu’il tenait fermement dans sa main gauche…
Chapitre 3 – Le cauchemar commence
Quand Diego ouvrit lentement et péniblement les yeux – ses paupières étaient
lourdes -, il était encore tout étourdit par le coup de matraque qu’il avait
reçu dans le cou. Il n’aurait pas cru Mr. Dievry capable de ça, et il se
demandait pourquoi il l’avait fait. Il eu une réponse très rapidement, quand
il regarda autour de lui.
Les élèves de la Terminale ES°2 étaient chacun assis à une table, dans une
salle de cours aux murs jaunes et décrépis. Chacun se réveillait petit à
petit, et l’on commençait à bavarder, à trouver tout ça curieux. L’agitation
gagna l’ensemble de la salle. Diego regarda derrière lui, et vit Florian, au
fond de la classe, qui lui lança un regard inquiet. Quelques tables devant
Diego, Adrien commençait à se redresser sur son siège, se demandant ce qu’il
fabriquait là.
Diego vit un peu plus loin, près du bureau du professeur, Julie, qui lançait
des regards inquiets à Sylvia, et qui lui parlait tout bas, visiblement
nerveuse. C’est à ce moment là que Mr Dievry entra dans la salle, et pris une
craie sur le rebord du tableau poussiéreux. Le silence se fit d’un seul coup,
et Mr Dievry écrivit quelque chose au tableau, avant de se retourner vers ses
élèves.
- M’sieur, qu’est ce qu’on fait là ? Je crois pas que ça fasse partie du
voyage ! s’exclama Laurent Talmet, l’air très sérieux.
Romain et sa bande étaient eux aussi tous très calmes et sérieux... Personne
n’avait l’habitude de les voir ainsi. Mr Dievry sourit légèrement en entendant
la remarque de Laurent.
- Non, ce n’est pas dans le programme du voyage. Je ne veut pas faire durer le
suspense plus longtemps, alors je vais être bref, et direct : Il n’y a plus de
voyage. Nous nous trouvons actuellement dans une ancienne école désaffectée,
sur une île déserte, en plein milieu de l’océan Pacifique. Votre classe a été
choisie parmi toutes les classes de Terminale du Pays, pour participer à un
jeu.
Mr Dievry montra du doigt le tableau, où était écrit « Battle Royale ».
Personne ne sembla comprendre ce que signifiaient ces mots, et
l’incompréhension la plus totale se lut sur les visages des élèves.
- Vous ne connaissez sûrement pas ce jeu, mais il existe depuis déjà quelques
années. Il a été imaginé par le gouvernement pour choisir les meilleurs,
constituer une élite, et stopper les fléaux de l’absentéisme et de la
délinquance. Les règles de ce jeu sont simples : Vous disposez de 2 jours et 2
nuits. Au matin du 3e jour, il ne devra rester qu’un seul élève vivant, ce
sera lui le vainqueur.
Le silence régnait dans la classe, on aurait pu entendre voler une mouche.
Tous les regards étaient fixés sur le tableau, les élèves étaient pétrifiés,
et ne semblaient pas réaliser ce que venait de dire leur professeur.
- Est-ce que vous êtes entrain de dire qu’on va devoir s’entretuer ? demanda
Cyril Durel, sans croire une seconde à ce qu’il venait de dire.
- Exactement, répondit Mr Dievry. Vous allez devoir vous entretuer, et ça ne
sera pas une simulation. Les balles seront réelles, les morts aussi. Tout ça
peut vous sembler bien cruel, mais nous vivons dans un Monde de plus en plus
cruel… Et ce n’est bien sur pas une blague, si vous pensez que nous blaguons,
nous sommes fins prêts à vous montrer combien nous sommes sérieux…
Diego n’en croyait pas ses oreilles. La façon dont Mr Dievry avait prononcé
cette phrase, tranquillement, sans l’ombre d’une émotion, lui glaçait le sang.
D’ailleurs, ça avait glacé le sang de tout le monde dans la classe. Sauf d’une
seule élève, si on peut dire que c’en était une, car elle ne faisait pas
partie de la classe. Contrairement aux autres qui étaient pétrifiés, elle
avait l’air décontractée, et souriait.
- Ah oui, j’oubliais, il y a une nouvelle dans la classe, je vous présente Rei
Sôda…
Les élèves se retournèrent tous vers Rei, qui leur adressa un sourire. Elle ne
semblait nullement inquiète, stressée ou nerveuse, ce qui intriguait Diego. Un
« Wouaaah » d’admiration fusa dans la classe de la part des garçons, quand ils
virent Rei et sa beauté à couper le souffle. Ils ne l’avaient pas remarqué
depuis qu’ils étaient là, mais maintenant, elle était devenue l’objet de toute
leur attention. Rei baissa les yeux, légèrement gênée, et continua à sourire.
La plupart des garçons restaient tournés vers Rei, presque comme s’ils avaient
oubliés la gravité de la situation : Ils allaient devoir s’entretuer.
- Rei nous vient de Osaka, au Japon. Elle est ici grace au programme Erasmus,
et a été choisie pour faire partie de votre classe en tant que volontaire.
Les sourires en direction de Rei cessèrent brutalement. Rei leva la tête vers
les élèves, qui la dévisageaient maintenant comme une bête de cirque, une
fille dangereuse dont il faudrait se méfier. « Comment peut-on se porter
volontaire pour un tel jeu de massacre ? » pensa Marina.
- Il faut maintenant parler des zones interdites… Toutes les 2h, une zone de
la carte posée sur votre table sera interdite et il vous faudra en sortir si
vous vous y trouvez… Sinon le collier que vous portez au cou explosera et vous
mourrez.
Diego porta la main à sa gorge, et remarqua alors un collier électronique, qui
lui serrait le cou. Il ne l’avait même pas senti, avant que Dievry n’en ait
fait la remarque. Ce dernier se dirigea soudain vers la porte de la classe, et
l’ouvrit. Des militaires armés firent alors leur apparition, portant des sacs
et des paquetages.
- On va vous donner vos paquetages. Dedans, se trouve une arme, des vivres et
une carte. L’arme peut être n’importe quoi, ça va du couvercle de marmite au
fusil de chasse… C’est la chance qui en décidera. N’oubliez pas de fuir les
zones interdites. C’est le seul moyen pour nous de nous assurer que personne
ne restera « planqué » quelque part à attendre la fin du jeu. Bien sur, si à
la fin du jeu, il reste plus d’un survivant, tous les colliers exploseront en
même temps, et il n’y aura pas de gagnant…
Les militaires posèrent les paquetages sur le sol, en tas. Puis Mr Dievry
saisit sur son bureau la liste des élèves, et commença l’appel…
Liste des élèves de la TES2
Garçon n°1 – Thibault Cagner
Garçon n°2 – Florian d'Ambrogio
Garçon n°3 – Diego Diaz
Garçon n°4 – Cyril Durel
Garçon n°5 – Romain Faure
Garçon n°6 – Adrien Griffard
Garçon n°7 – Simon Landry
Garçon n°8 – Valentin Lecleve
Garçon n°9 – Laurent Talmet
Garçon n°10 – Alexandre Thiéblin
Fille n°1 – Elise Collonge
Fille n°2 – Julie Deresmez
Fille n°3 – Sandrine Favre
Fille n°4 – Chloé Kara
Fille n°5 – Caroline Lina
Fille n°6 – Sophie Maillet
Fille n°7 –Virginie Merveille
Fille n°8 – Sarah Paillard
Fille n°9 – Linda Perrier
Fille n°10 – Fanny Sarlan
Fille n°11 – Marina Sirat
Fille n°12 – Sylvia Stabio
Fille n°13 – Marion Wilenski
Fille n°14 (volontaire) – Rei Sôda _________________
Paulo Coelho Fan Club |
|
| Revenir en haut |
|
 |
Crydamoure Membre


Sexe:  Inscrit le: 06 Juin 2005 Messages: 239 Localisation: La Ou Les Anges Ne Pleurent Pas
|
Posté le: Lun Juin 13, 2005 11:33 pm Sujet du message: |
|
|
La suite ... LA Suite ... La Suite ... _________________ Princesse Prisonniere De Ton Coeurs ... Princesse Qui Pleure ... |
|
| Revenir en haut |
|
 |
Kronos Suprème actif


Sexe:  Inscrit le: 19 Mai 2005 Messages: 4619 Localisation: Lille (59)
|
Posté le: Lun Juin 13, 2005 11:37 pm Sujet du message: |
|
|
Chapitre 4 – Se tirer de cette île
Diego était sorti de l’école, au milieu d’une rangée de militaires, pour
déboucher sur une grande cour. L’herbe était dense, les mauvaises herbes
aussi, et la cour de l’école était entourée de tous côtés par les arbres.
Diego s’était élancée dans la jungle, et avait couru sans se retourner,
pendant au moins vingt bonnes minutes. C’était la façon qu’ils avaient trouvés
avec Florian et Adrien pour se retrouver : courir droit devant soi pendant
vingt minutes, et attendre les autres. C’est ainsi que quand Diego s’arrêta,
Florian était là, entrain de l’attendre, assis par terre contre un arbre, son
sac grand ouvert posé à côté de lui.
- Diègue ! Ouf, j’avais peur qu’on se retrouve pas… Reste plus qu’a attendre
Adrien et c’est bon on peut partir d’ici.
- Quoi, partir de cet endroit, ou de l’île ?
- Ben d’abord on va se barrer d’ici parce qu’on est à découvert et qu’on
risquerait de se faire tirer comme des lapins si jamais quelqu’un venait ici,
et on aura le temps je pense, d’imaginer un moyen de quitter cette île…
- O-K. Et si jamais on peut pas s’en aller, t’as eu quoi comme arme ?
- T’es sérieux ? Tu voudrais qu’on se mette à trois et qu’ensemble on bute
toute la classe, y compris ceux qu’on aime bien ? Je sais bien que tu peut pas
sacquer grand monde dans la classe a part nous, mais et Julie ? Et Linda,
c’est quand même ta meilleure amie depuis la maternelle, nan ?
- Bien sûr que non, je veux tuer personne, soupira Diego. Mais si jamais on
nous tire dessus, si on nous prend pour cible, vaut mieux être en mesure de se
défendre… C’est juste au cas où…
Florian acquiesça de la tête, et lança son sac à Diego, qui se pencha pour le
saisir, puis vint s’asseoir à côté de Florian, par terre. Dans le sac, un
fusil d’assaut, et des munitions. Diego siffla longuement, et regarda Florian,
l’air rassuré.
- C’est un « Galil », un fusil israélien très proche du AK-47… Il a été très
utilisé pendant les conflits au Moyen-Orient… Sa portée est de 400 mètres, ça
nous laisse le temps de réagir si jamais quelqu’un vient nous chercher des
noises…
- Comment tu sais tout ça sur ce fusil ? demanda Diego, intrigué.
- Mon père est passionné par les armes de guerre, il collectionne tout ce
qu’il trouve dessus… Il a une pièce juste pour ça, où il a accroché toutes les
armes qu’il a récupéré… AK-47, Famas… Et ce fusil, le Galil, qu’il avait
acheté y a quelques mois, ce qui fait que quand je l’ai vu dans mon sac, je
l’ai tout de suite reconnu… Et toi, c’est quoi ton arme ?
Diego releva la tête, et regarda Florian quelques secondes. Il n’avait même
pas pensé à ouvrir son sac pour regarder, il avait couru sans s’arrêter, et
s’était assis à côté de Florian, et pendant tout ce temps, son sac était resté
fermé. Il ouvrit lentement la fermeture du sac, ayant peur de découvrir ce
qu’il contenait…
- Un couteau de chasse… Au cas où le mec survit à mon arme, tu pourras
toujours l’achever au corps à corps…
Diego ne répondit pas, visiblement choqué… Tuer quelqu’un, c’était impossible
pour lui, alors au corps à corps… Tuer quelqu’un qui était à 400m de lui, ça
passait encore, mais au corps à corps, c’était autre chose…
- Fais pas cette tête là, j’rigole, Diègue. T’auras jamais à te servir de ce
couteau, et j’aurais jamais a me servir de ce p***** de Galil, parce qu’on va
se casser de cette île vite fait bien fait et…
Mais Florian ne termina pas sa phrase, en voyant Adrien venir vers eux,
l’épaule sanguinolente.
*
Sylvia s’arrêta en soufflant près d’un arbre, au beau milieu de la jungle.
Elle avait couru à perdre haleine pendant un bon moment, et ça lui semblait
être une éternité. Alors elle avait décidé de s’arrêter un peu, pour faire le
point… Elle était sur une île, en plein milieu du Pacifique, l’océan le plus
grand et le plus désert de la planète, et sur cette île, ses amis… Et ils
devaient tous s’entretuer. A cette idée, Sylvia sourit quelques instants. Tout
ça était irréel, ça ne pouvait pas être vrai, c’était sûrement une blague de
la part des profs, au premier mort, Mr Dievry sortirait des broussailles en
riant, et leur dirait à tous que c’était une farce…
Mais quand Sylvia ouvrit son sac, et qu’elle y trouva un glock tout neuf, et
qui semblait être vrai, tous ses espoirs s’envolèrent d’un seul coup. Les
balles n’étaient pas à blanc, on ne les avait pas emmenés sur cette île pour
jouer, mais bien pour qu’ils se tuent entre eux… Sylvia réfléchit quelques
secondes, puis se décida. Elle sortit le glock de son sac, le chargea. Puis
elle referma son sac, et s’avança dans la jungle, l’arme à la main. Elle
devait retrouver ses amies, et sortir de cette île. Mais si quelqu’un qui
n’était pas son ami croisait sa route, elle n’hésiterait pas à le tuer.
*
- Qu’est ce qui t’es arrivé, Adrien ? demanda Florian, les yeux grands
ouverts.
Adrien vint s’asseoir à côté de ses amis, et posa douloureusement son épaule
contre le tronc de l’arbre. Florian et Diego le regardaient, bouches bées,
incapables de dire un seul mot de plus.
- Je… Je… Quand je suis sorti de l’école, quelqu’un s’est mis à me tirer
dessus… J’ai couru, et en courant j’ai ouvert mon sac, et j’y ai trouvé des
grenades… Alors j’en ai pris une, et je l’ai jeté derrière moi, et j’ai
continué à courir. Je sais pas si la personne qui me suivait est encore en
vie, mais en tout cas elle m’a blessé…
- Mouais, c’est toujours facile ça, tuer les gens uns par uns quand ils
sortent de l’école… Attends, moi je l’ai pas vu, Diego non plus… Diègue c’est
le garçon n°3, et toi c’est… c’est quoi déjà ? Numéro 6 ?
Adrien fit « oui » de la tête et haussa les épaules, essayant de se souvenir
qui étaient les n°4 et 5…
- Donc il n’y a que les garçons et les filles n°4 et 5, qui auraient pu
logiquement te tirer dessus, à moins qu’un des premiers à être sortis soit
revenu en arrière, mais c’est peu probable… Donc ça pourrait être qui… Entre D
et G… Durel… Faure… Kara… Lina…
- Mouais, j’suis sur que c’est Romain et Cyril ! Ils sont sortis à quelques
minutes d’intervalle, ils ont du se planquer et attendre que tu sortes… lança
Diego.
- C’est sûrement eux. Je vois mal Chloé ou Caro faire ça… répondit Adrien, qui
se sentait idiot, d’avoir essayé de se souvenir des noms alors qu’il suffisait
de chercher par ordre alphabétique.
- Donc, la bande à Romain est peut être réduite en nombre, maintenant… Si
jamais ta grenade a touché quelqu’un… répondit Florian, en effleurant la
détente de son arme du doigt. En tout cas, ça veut dire une chose : Qui que ce
soit, y a quelqu’un d’assez con pour jouer au jeu… Et ça veut dire qu’on va
être obligés de se défendre…
Chapitre 5 – Tous unis
Romain, Laurent, Thibault et Valentin étaient debout, au bord du trou qu’ils
venaient de creuser, avec les pelles qu’ils avaient trouvés dans le débarras
d’une maison à l’abandon, dans une ville fantôme de l’île. Puis ils se
retournèrent et empoignèrent le corps de Cyril, qu’ils balancèrent dans le
trou, avant de reprendre leurs pelles et de reboucher le trou.
Personne n’avait l’air triste, et c’était le cas. Seul Laurent semblait
légèrement attristé, mais les autres n’avaient pas l’air affectés par la mort
de leur ami. Cela faisait une heure que Cyril était mort, que Romain avait
retrouvé ses amis, et qu’ensemble ils avaient transportés le corps de Cyril
jusqu’ici. Tout s’était passé très vite. Adrien Griffard était devant eux, il
courait, ils pensaient qu’il serait une cible facile, mais ils n’avaient pas
prévus la grenade qu’il lança sur eux. Romain avait eu le temps de se
planquer, mais Cyril n’eut pas cette chance, et il fut projeté en arrière par
le souffle. Romain s’était rué vers le corps de Cyril, avant de constater
qu’il était mort. Même si Cyril n’était pas un grand ami et qu’il ne
regretterai pas trop sa mort, il en voulait désormais personnellement à
Adrien, et il s’était promis de le tuer.
- Le problème c’est qu’il est sûrement avec Diaz et Florian… Diaz c’est pas un
problème de le buter, mais Florian, c’est autre chose, lança Romain, conscient
que son ancien meilleur ami était sûrement plus fort que lui à ce jeu.
Le père de Florian était un ancien légionnaire, et il l’avait élevé à la dure.
Il lui avait appris par cœur les noms des armes de guerre, leur maniement, il
lui avait appris la tactique militaire, et il l’avait inscrit quand il était
petit aux scouts. Ainsi, Florian était parfaitement adapté à la situation
actuelle, et le tuer relèverai du miracle, à moins qu’ils n’aient un plan très
bien élaboré.
- Le seul moyen, c’est de les retrouver tous les trois, et de leur faire
croire qu’on veut faire équipe avec eux pour arrêter ce jeu, et se tirer de
l’île. Je suis sûr qu’ils nous croiront… Et on pourra attendre le bon moment,
la nuit par exemple quand ils dormiront, pour les tuer…
- T’es sûr de vouloir perdre ton temps à les traquer ? demanda Thibault. Ils
se feront tuer un moment ou un autre par quelqu’un, on perd notre temps, on
devrait plutôt essayer de se barrer de cette île…
- Je sais, répondit Romain, mais ce salopard à tué Cyril, et je veut le
venger. Si vous voulez pas me suivre, vous êtes libres de partir… On trouvera
un moyen de partir, c’est sûr, mais si vous voulez le chercher tous seuls, ben
allez-y…
- Alors je m’en vais, dit Thibault. Je veux pas perdre mon temps avec ces
conneries de vengeance…
Thibault s’abaissa, ramassa son sac à terre, et commença à partir. Mais il
stoppa net. Il sentit un filet de sueur froide couler dans son dos, et passa
sa main derrière son dos. Quand il la retira, il vit que ce n’était pas de la
sueur, mais du sang. Ce fut la dernière pensée de Thibault. Le deuxième tir
fit éclater sa cervelle, et son corps chuta au sol avec un bruit sourd.
Romain avança vers le corps de Thibault, son Beretta à la main, et émit un
petit rire. Laurent et Valentin restèrent pétrifiés par le sang froid avec
lequel Romain avait tué leur ami.
- Tu nous en aurais fais perdre, du temps, si on avait dû te tuer après avoir
réglé son compte à Griffard. Désolé les gars, lança Romain, j’ai dû le tuer,
mais j’avais pas le choix… Si on ne reste pas tous unis, on arrivera jamais à
sortir de cette île.
*
Le couteau entra lentement dans la peau, arrachant un cri de douleur à Adrien.
Diego suivait la scène, appuyé contre l’arbre. Florian lui avait pris son
couteau, et il essayait de retirer la balle de l’épaule d’Adrien. Finalement,
au bout de quelques minutes de patience, Florian parvint à l’extraire, et les
cris cessèrent. Mais il n’en avait pas finit avec Adrien, et il sortit de son
sac banane – celui qu’il avait pris pour le voyage en Italie, un voyage qui
leur semblait bien loin maintenant – un briquet tout neuf. Les flammes du
briquet léchèrent la pointe du couteau pendant cinq petites minutes, puis
Florian appuya la pointe contre la blessure. Adrien poussa un hurlement
féroce, et Florian s’éloigna de lui rapidement pour éviter de se prendre un
coup involontaire de sa part.
- Voilà, j’ai retiré la balle, j’ai cautérisé la plaie au « fer rouge »,
maintenant faut juste attendre que ça cicatrise… Tu vas survivre, Adrien, dit
Florian, l’air amusé.
Adrien avança en tenant son épaule, et se posta devant Florian, l’air
menaçant. Il resta comme cela pendant quelques secondes, avant d’éclater de
rire.
- Merci vieux, dit-il en lui tapant sur l’épaule. J’ai bien dérouillé, mais
c’était ça ou perdre un bras, ou même pire… Merci…
- Hé les mecs, lança Diego, je dis ça comme ça, mais faudrait peut être qu’on
se taille d’ici, non ? On est là depuis plus d’une heure, on a pas bougé… On
fait des cibles faciles en restant ici, et puis la zone va sûrement être
interdite…
- Mouais, tu as raison Diègue, répondit Florian, on a plus rien a faire ici,
on devrait essayer de trouver une baraque où dormir pour cette nuit… Je sais
qu’il est à peine midi, mais faut penser aussi à ça : Où est ce qu’on va
passer la nuit…
- Pas de problèmes pour trouver une baraque où squatter, dit Diego. Il y a une
ville abandonnée pas loin, je l’ai vue sur la carte. Mais si j’y ai pensé, y
en aura sûrement d’autres qui y auront pensés…
- Et alors, on est armés, répliqua Adrien. Et si jamais on tombe sur des gens
qui cherchent pas à nous tuer, tant mieux, on pourra s’allier avec eux et plus
on sera, plus on aura de chance de se tirer d’ici…
- Euh ça j’en suis pas sur, répondit Florian. Plus nombreux on sera, et moins
ça sera discret, vaux mieux qu’on ne parle a personne de notre idée de sortir
de l’île… Pour le moment…
Adrien et Diego acquiescèrent. Diego saisit son sac, et remit son couteau à
l’intérieur. Il ne valait mieux pas en parler à Florian pour l’instant, mais
il espérait retrouver Julie, et essayer de lui faire quitter l’île avec eux…
Mais encore fallait-il la retrouver… Et survivre…
*
Sarah n’avait jamais trop parlé à personne, et ce n’était pas maintenant
qu’elle commencerait, se dit Marion en la suivant dans la jungle, sans rien
dire. Cela faisait déjà une heure qu’elles marchaient, sans trop savoir où
elles allaient, et Marion commençait à sentir la fatigue la gagner.
- Et si on faisait une pause ? demanda-t-elle, essoufflée.
Sarah se retourna, l’air indifférente, puis sourit. Marion ne l’avait jamais
vu sourire comme ça. Elle souriait rarement, et elle venait de lui adresser un
sourire comme elle n’en avait jamais vu.
- Bonne idée, moi aussi, je suis morte, répondit Sarah. Et puis faut qu’on
fasse un peu le point, on sait même pas ce qu’on a dans notre sac, on sait pas
où on va, où on est…
Sarah ouvrit son sac, et lança un regard surpris à Marion. Elle sortit
lentement le Remington 870 à crosse repliable de son sac, et la carte de
l’île. Marion ouvrit de grands yeux, surprise à la vue de l’arme, et ouvrit
son sac à son tour.
- Un fusil à pompe… Et toi, qu’est ce que tu as ?
- Une machette… répondit Marion, horrifiée.
- Tu sais, on va pas avoir besoin de se servir de nos armes, enfin j’espère,
faut qu’on retrouve les autres filles, Marina, Sylvia, Julie… Ensemble, on
pourra peut être arrêter ce jeu…
- Quoi, tu veut qu’on combatte les militaires de l’île, tous ensemble ?
demanda Marion, admirative devant le courage de Sarah.
- Ben oui, c’est de ça que je parle, faut qu’on combatte ce système… T’imagine
quand même pas que je vais jouer à ce jeu et tuer mes camarades de classe ?
J’aime pas grand monde dans cette classe, mais j’ai des principes, et je tue
pas des innocents… Et puis toi, Marina et les autres, je vous aime bien.
Marion sourit, et regarda Sarah comme pour lui dire merci. Elle était toujours
rejetée de la classe, on se moquait d’elle à cause de ses lunettes, on la
traitait d’intello, et ce jour là, Sarah venait de lui dire qu’elle l’aimait
bien, et rien que ça la rendait heureuse.
- Merci, moi aussi je t’aime bien, tu es cool. Tu parles pas beaucoup, mais tu
es quelqu’un de génial je parie, quand tu t’ouvre aux autres. Alors, on est
où, sur cette p***** d’île ?
Chapitre 6 – Trop facile
Depuis deux heures, le canot remontait le courant. Assise dans cette
embarcation solide et légère, Rei pagayait, son sac grand ouvert à coté
d’elle, ses vivres, son arme, et ses munitions posés près d’elle. Elle avait
eu de la chance de trouver ce canot. Quand elle était sortie de l’école, en
dernière car c’était la volontaire, les autres étaient déjà bien loin, et elle
avait décidée de ne pas se presser pour aller à leur recherche. En marchant,
elle avait remarquée des traces de pas, et les avait suivis dans la forêt.
Elle avait aussi remarquée du sang sur des feuillages, et des éclats de
grenade sur le sol… Le jeu avait déjà commencé, et elle était en retard,
avait-elle pensée à cet instant là.
Elle avait décidée de ne pas suivre plus longtemps les traces de pas, et était
partie vers l’ouest. Elle avait marchée pendant à peu près une heure, avant de
déboucher sur la rive d’une rivière. En longeant la rivière, elle découvrit un
canot abandonné, et elle pensa que c’était un très bon moyen de rattraper les
autres, qui étaient déjà bien loin dans l’île.
A gauche et à droite de la rivière, c’était la jungle, avec ses arbres énormes
aux troncs argentés, qui ne laissaient filtrer qu’un mince rayon de lumière.
Au loin, les cris d’une bête sauvage qu’on ne voyait pas. Etait-ce un tigre,
un jaguar ? Rei n’en savait rien, mais mieux valait rester dans le canot…
Le canot remonta la rivière pendant encore quelques minutes, puis Rei arrêta
de pagayer, se laissant entraîner par le courant qui avait changé de sens, et
elle regarda son arme quelques secondes. Un fusil de sniper, exactement ce
qu’il lui fallait. Rei laissa le canot dériver encore quelques minutes, puis
recommença à pagayer, vers la rive opposée. Elle tira le canot sur le sable,
et remit ses affaires dans son sac. Elle devait se trouver bien plus près des
élèves, à présent. Le fusil au poing, elle s’engagea, confiante, dans
l’obscurité bienveillante de la jungle.
*
- Combien de temps on va rester ici ? demanda Adrien, qui regardait par la
fenêtre, l’air inquiet.
- On va rester jusqu'à demain matin, 5h, répondit Florian, allongé dans un
divan. C’est à cette heure là que la zone deviendra interdite, et que Dievry
fera l’appel et donnera la liste des morts… Jusque là, on va passer la nuit
ici, et se relayer toutes les 3 heures…
Ils se trouvaient dans une maison abandonnée, dans un village de pêcheurs, lui
aussi abandonné. Ils n’avaient croisés personne, mais ils restaient tout de
même sur leurs gardes. Dans le village fantôme, le silence régnait, et tout ce
que pouvaient entendre Adrien et Florien, c’était la respiration lente et
régulière de Diego, qui dormait, dans la chambre voisine. Il était déjà tard,
et la nuit n’allait pas tarder à tomber. Adrien se retourna vers Florian,
l’air très agité.
- Si jamais on rencontre quelqu’un, qu’est ce qu’on fait ?
- On attends de voir si ses intentions sont hostiles ou pas. Et si elles le
sont, on le tue. Si il ne nous veut pas de mal, alors on pourra s’allier avec,
mais surtout, on ne lui parle pas de notre intention de quitter l’île…
- Ouais, ouais, je sais, faut rester discret… Si jamais on croise la bande à
Romain, en tout cas, tu sais que j’hésiterai pas à les tuer…
Adrien attendait une réponse de Florian, mais celui-ci regardait par-dessus
son épaule, au loin.
- Hé, regarde. Y a quelqu’un dans la rue…
*
Le corps sans vie de Simon gisait sur le sable. Alexandre avança lentement
vers le corps, choqué. Qui avait bien pu tuer Simon ? Il se pencha vers le
corps de son ami, et saisit le Katana à côté de celui-ci, le mit à sa
ceinture, et jeta au loin « l’arme » qu’il avait eu, un boomerang.
Heureusement, il n’avait rencontré personne pour l’instant, sauf Simon, mais
il était mort, et le Katana près de lui était une véritable aubaine. Alex’
marcha lentement dans le sable, les mains dans les poches, et regarda la mer
déchaînée d’un air pensif. Soudain, il sentit une vive douleur, et porta la
main à son cou ensanglanté.
Le corps d’Alexandre chuta lourdement sur le sable, à quelques mètres à peine
de celui de Simon. Fanny et Elise sortirent des broussailles, et avancèrent en
riant vers leurs victimes.
- C’est vraiment trop facile, lança Fanny, avec un grand sourire. Ils sont
trop faciles à tuer…
- Je crierai pas victoire trop vite si j’étais toi, répondit Elise. Eux,
c’était facile de les tuer, mais dans la classe y en a qui sont sûrement moins
cons et qui se laisseront pas piéger comme ça…
- Je sais, la bande à Romain… Eux je suis d’accord, mais les autres, à part
une bande de poules mouillées, je vois pas grand-chose…
- Et la volontaire ? Tu sais, Rei je-sais-pas-quoi…
- La chinetoque là ? Tu déconnes, elle est toute seule, nous on est deux, et
elle a pas l’air si forte que ça…
Fanny ne termina pas sa phrase. Son crâne explosa, et la détonation ne se fit
entendre que quelques secondes plus tard, quand son corps était déjà au sol.
Elise poussa un cri d’horreur, et recula en se tenant la bouche avec la main.
Elle resta ainsi un court moment, ne sachant pas quoi faire, puis elle prit
son courage à deux mains, et, en larmes, ramassa le sac de Fanny, ainsi que le
Katana de Simon, avant de partir en courant dans la forêt. A 500m de là,
allongée dans les hautes herbes, Rei Sôda souriait, son fusil de sniper posé à
côté d’elle. _________________
Paulo Coelho Fan Club |
|
| Revenir en haut |
|
 |
Crydamoure Membre


Sexe:  Inscrit le: 06 Juin 2005 Messages: 239 Localisation: La Ou Les Anges Ne Pleurent Pas
|
Posté le: Lun Juin 13, 2005 11:59 pm Sujet du message: |
|
|
encore une fois je suis pressée de lire la
suite ... j'adore ce que tu ecris ... vite vite la suite _________________ Princesse Prisonniere De Ton Coeurs ... Princesse Qui Pleure ... |
|
| Revenir en haut |
|
 |
Kronos Suprème actif


Sexe:  Inscrit le: 19 Mai 2005 Messages: 4619 Localisation: Lille (59)
|
Posté le: Mar Juin 14, 2005 12:02 am Sujet du message: |
|
|
Chapitre 7 – Une perspective encourageante
Sylvia avança vers ses amies, extenuée, et se laissa tomber à genoux sur le
sable, en soufflant, de fatigue mais aussi de soulagement. Elle marchait
depuis au moins 3h, sans savoir où elle allait, et par chance, elle n’avait
rencontré personne jusque là. Son glock tomba à ses genoux. Elle ne s’en était
pas servit, et elle en était heureuse. Chloé, Julie et Marina arrivèrent en
courant vers elle, en riant tant elles étaient heureuses de retrouver leur
amie saine et sauve. Chloé s’agenouilla en face de Sylvia, et lui pris la tête
dans ses mains, en pleurant de joie.
- Je suis si contente de vous revoir, dit Sylvia. J’avais peur de ne plus
jamais vous revoir…
- Heureusement, ce n’est pas le cas ! lança Marina, en riant, comme à son
habitude. On est enfin toutes les 4, et maintenant que le groupe est reformé,
on va pouvoir s’en aller de cette île !
- Tout le monde veut s’en aller de cette île, répliqua Julie. Mais faut
arrêter de se faire des fausses illusions, on a chacun un collier, si on
essaye de partir, ils feront exploser les colliers… Il faut trouver un moyen
pour les désactiver, ou alors, combattre le système du jeu lui-même…
- Combattre le jeu ? demanda Sylvia, qui regardait Chloé dans les yeux. Tu
veut dire, prendre d’assaut l’école, à 4 ?
Marina éclata de rire, et elle fut bientôt suivie par Chloé. Julie lança un
regard glacial en direction de Marina, ce qui eu pour effet de la calmer tout
de suite.
- Pour l’instant on est 4, oui, mais si on arrive à retrouver d’autres
personnes de la classe et à les convaincre de se joindre à nous, alors on
pourra « prendre d’assaut » l’école… Si on ne fait pas ça, on a plus qu’à
s’entretuer, tout de suite, ici et maintenant…
Sylvia se releva, approcha de Julie en souriant, et la serra fort contre elle.
- Tu sais, tu es vraiment la plus sage de nous toutes, Julie. On se moque de
toi, mais c’est toi qui as raison, d’ailleurs j’avais pensé à la même chose,
on a intérêt à tous s’unir et à se battre…
Julie s’éloigna des filles sans un mot, et regarda les vagues mourir sur le
sable. Elle aurait aimé se trouver sur cette île paradisiaque dans d’autres
circonstances… Elle ferma les yeux, n’entendant plus que le grésillement des
vagues, ne sentant plus que l’odeur enivrante de l’iode venant du large.
Seule dans un autre monde, elle pensa à Diego. Il l’aimait, elle en était
sûre, et elle aurait tant aimé qu’il le montre… Elle avait remarqué son
sourire maladroit quand elle lui parlait - le plus souvent de choses futiles,
comme du dernier cours de français, ou du dernier film au ciné – et elle avait
lu dans son regard quelque chose qu’elle n’avait jamais vu chez personne
d’autre. Seule près des vagues, Julie pensait à Diego, et elle voulait le
revoir, rien qu’une dernière fois…
- Excuse nous, Julie, dit Chloé, en s’approchant d’elle. Oui, tu as raison, tu
sais…
- Bon maintenant faudrait qu’on pense à préparer notre « campement », lança
Sylvia. La nuit va bientôt tomber…
Sans un mot, les filles déroulèrent leurs sacs de couchage sur le sable, et
dressèrent leur campement pour la nuit.
*
Dans la maison abandonnée, Laurent et Valentin dormaient, l’un allongé par
terre, l’autre affalé dans un fauteuil. Debout, les mains dans les poches,
Romain regardait ses amis dormir, se disant que finalement, ils n’étaient pas
vraiment ses amis… Il tourna la tête et regarda au bout de la rue, vers la
maison au toit vert. C’était là que Adrien, Florian et Diego s’étaient
planqués. Ça n’avait pas été si difficile de les trouver. Ils n’avaient eu
qu’a se cacher dans l’une des maisons abandonnée de la ville fantôme, et à
attendre patiemment leur arrivée. La main de Romain frôla le canon de son
Beretta, dans sa poche. Si seulement Florian n’était pas avec eux… Sans lui,
les tuer dans leur sommeil aurait été un jeu d’enfant.
*
- On n’est pas trop loin de l’unique port de l’île, dit Sarah, en regardant la
carte dépliée sur l’herbe. Je suppose qu’il doit y avoir essentiellement des
hangars, et qui sait, peut être un bateau ?
Marion regarda Sarah en souriant. Trouver une embarcation, c’était une
perspective très encourageante.
- Oui, ça serait le rêve… J’espère juste que personne d’autre n’aura l’idée
d’y aller cette nuit…
- Pas de risque, répondit Sarah. Ils se sont sûrement tous rendus dans les
villages de pécheurs, qui sont complètement à l’opposée d’ici… Il y en a deux…
- Mouais t’as raison, et puis de toute façon, on est armés, ils peuvent
toujours venir, lança Marion en riant. Alors, on va là-bas, a ton avis ?
Sarah ne répondit pas tout de suite, les yeux fixés sur la carte. C’était
toujours comme ça, on l’a prenait toujours pour une perdante, mais à chaque
fois qu’ils étaient dans le pétrin, c’était elle qui prenait tout en main, et
cette fois-ci, ça n’avait pas manqué. Marion lui avait semble-t-il accordé une
confiance inébranlable, et tous ses espoirs reposaient dorénavant sur elle.
Cela lui faisait bizarre de se sentir admirée, mais ça n’était pas si
désagréable que ça, après tout, pensa-t-elle.
- On a rien à perdre, répondit soudain Sarah, en regardant Marion droit dans
les yeux. Après une bonne nuit de sommeil, on y verra plus clair, je pense…
Sarah replia la carte, et la fourra dans son sac. Puis elle se redressa, et
s’enfonça dans la végétation, suivie de près par Marion, qui serrait dans sa
main la machette qu'on lui avait offerte pour le jeu...
Chapitre 8 – La mort a frappé
Elise courait à perdre haleine, dans la forêt obscure, parmi les arbres d’un
gris menaçant. Elle courait sans se retourner, sans savoir, sans même
réfléchir à l’endroit où elle se rendait. Elle filait droit devant elle. Elle
ne savait pas qui c’était, mais quelqu’un la poursuivait depuis qu’elle
s’était enfuie, après avoir vu sa meilleure amie se faire tuer. Elle n’avait
pas vu l’assassin de Fanny, et elle ne voyait pas non plus celui qui la
poursuivait en ce moment même. Il était invisible, c’était une ombre, un
spectre. Les balles sifflaient tout autour d’elle, éclataient les branches
d’arbres, se plantaient dans les troncs. Et au loin, toujours le même bruit
qui résonnait, le bruit du fusil, comme si la mort criait après elle, comme si
elle la poursuivait car c’était son heure…
Elise était prise en chasse. Elle ne savait pas comment semer la mort qui la
poursuivait, et se contentait de courir sans se retourner, dans l’espoir que
la mort, lasse, arrêterait de la suivre, et s’occuperait de quelqu’un d’autre.
Mais la mort n’avais pas envie de la lâcher, et continuait à lui tirer dessus.
Elise vit soudain en face d’elle, sur le chemin boueux, deux silhouettes qui
se rapprochaient. C’était la fin, pensa Elise, on l’avait encerclée. Elise
ralentit, se disant qu’il ne lui restait plus qu’à attendre de mourir. Mais
quand elle vit qu’il s’agissait de ses amies, Sophie et Virginie, elle
accéléra.
- Elise ! C’est toi !
Sophie et Virginie souriaient, en faisant un signe de la main à leur amie qui
fonçait droit sur elles. Quand elles virent que Elise ne ralentissait pas,
elles comprirent qu’il se passait quelque chose d’anormal.
- Courez ! Tirez-vous de là ! Il va vous tuer ! hurla Elise, en serrant les
poings.
Sophie et Virginie se regardèrent l’air grave, mais elles n’eurent pas le
temps de courir. Le spectre fonça droit sur eux. Deux déflagrations
résonnèrent à quelques secondes d’intervalles, puis ce fut le silence. Elise
ne s’arrêta pas. Elle sauta au dessus des corps de ses amies, et continua à
courir. Une troisième déflagration déchira l’air, environ dix minutes plus
tard. Cette fois, le spectre prenait son temps. Elise trébucha, et tomba à
terre la tête la première. La balle avait traversé sa cuisse, et le sang
coulait abondamment. Mais malgré cela, Elise surmonta sa douleur et continua à
courir, en boitant.
Quelques minutes plus tard, un autre coup de feu retentit. Cette fois, Elise
tomba à genoux. La balle avait touché sa jambe droite, et l’avait brisée. «
Cette fois, c’est fini, il m’a eu, le salaud… », songea Elise. Elle n’essaya
même pas de se relever, c’était impossible. Elle attendit, écoutant le silence
qui régnait désormais dans la forêt, comme si c’était une promesse, la
promesse qu’elle et ses amies se retrouveraient bientôt au paradis. La
dernière balle se planta dans sa gorge, faisant couler un torrent de sang,
éclaboussant le sol. Elise ne voyait plus rien, tout était brouillé. Elle
entendit des pas au loin venir vers elle, et ce fut le silence…
*
Chloé engloutit son petit pain en quelques secondes, et rejoignit les autres
filles qui étaient déjà prêtes à partir, leur sac sur l’épaule. Il était 5h du
matin, et c’était l’heure de partir. Sylvia arriva en dernière, les cheveux
encore mouillés. Elle était partie se laver dans la rivière qu’elle avait
découverte en contrebas de la colline qui dominait la plage. Une fois tout le
monde rassemblé, Julie prit la tête du groupe, qui grimpa la colline en
silence. Ce dernier fut interrompu par une musique militaire qui retentit dans
l’île. C’était Mr. Dievry qui parlait dans un haut-parleur.
- Bonjour, il est 5h du matin, c’est l’heure du rapport matinal ! dit la voix
de Dievry, l’air enjouée. Je vais vous donner la liste des morts…
Garçon n°1 - Thibault Cagner
Garçon n°4 - Cyril Durel
Garçon n°7 - Simon Landry
Garçon n°10 - Alexandre Thiéblin
Fille n°1 - Elise Collonge
Fille n°6 - Sophie Maillet
Fille n°7 - Virginie Merveille
Fille n°10 - Fanny Sarlan
- En tout, 8 morts … Maintenant, je vais vous donner les zones interdites pour
aujourd’hui, il y en a une toutes les 2h…
Les filles se regardaient en silence, tandis que Dievry annonçait les zones
interdites. Marina était la seule à avoir sortie sa carte, et elle notait les
zones, sans rien dire, l’air grave. Elles semblaient toutes complètement
désorientées. Chloé s’écroula bientôt sur le sol en pleurant. Marina posa son
stylo, s’accroupit près de Chloé, et passa son bras autour de son épaule.
- Il est mort, non... non... c’est pas possible… C’est pas possible… répétait
Chloé, en regardant dans le vide, les yeux rouges, des larmes coulant sur ses
joues.
Toutes savaient que Chloé et Alexandre flirtaient depuis un bon moment déjà,
et qu’ils étaient sur le point de sortir ensemble pendant le voyage de fin
d’année… Mais il semblait que désormais, rien ne serait plus jamais comme
avant, et que tout cela resterait du passé. Chloé resta à genoux pendant
quelques minutes, avant que Marina ne la relève, en lui rappelant que la zone
allait être interdite…
- On est toutes désolées, Chloé… Si désolées… Mais il faut que tu sois forte…
Chloé regarda Marina, en reniflant, et ravala ses larmes. Ses yeux semblaient
maintenant lancer des flammes, la haine bouillonnait en elle, la haine contre
la personne qui avait osée tuer celui qu’elle aimait, la haine contre ceux qui
avaient eu l’idée de ce jeu stupide… Elle allait se venger, se dit-elle, en
sortant le sécateur de son sac. Bien sûr ça n’était pas une arme géniale, mais
elle allait apprendre à s’en servir pour tuer…
- Calme toi, Chloé, on l’aura, ce salaud, mais ne fais pas de conneries
inutiles… Chaque chose en son temps…
Chloé acquiesça, et posa sa main sur l’épaule de Marina, qui se mit à l’aider
à avancer, et qui lui glissa à l’oreille des paroles de réconfort. Devant
elles, Julie marchait sans rien dire, pensive. Diego n’était pas mort, mais
elle commençait à s’inquiéter, la mort n’allait pas tarder à frapper, et il
fallait le retrouver au plus vite.
*
Adrien fermait la marche, avec Linda. Il avait mal, à cause de sa blessure à
l’épaule, mais la douleur était de moins en moins forte. Adrien avait très peu
dormi cette nuit, à cause de sa blessure, du stress, de la peur, mais aussi à
cause du froid qui était terrible dans ce coin du Pacifique. Et bien sûr, il
avait beaucoup parlé, à Linda. Ils l’avaient trouvée, en plein milieu de la
rue, seule, et quand ils l’avaient reconnus, ils lui avaient ouvert la porte.
Linda était la meilleure amie de Diego, ils se connaissaient depuis la
maternelle et étaient très proches, comme peuvent l’être un frère et une sœur.
Adrien ne lui avait pas beaucoup parlé depuis qu’elle était arrivée dans leur
classe, en plein milieu de l’année, mais il était tombé amoureux, sans que ni
Florian, ni Diego ne le sachent. Linda ne le savait évidemment pas, et Adrien
s’était dit qu’il ne leur restait peut être plus longtemps à vivre, alors
autant parler à celle qu’il aimait avant de mourir… Devant eux, Florian et
Diego marchaient, leurs armes au poing, regardant autour d’eux, silencieux
comme des chats.
- Désolé de vous interrompre, les amoureux, mais si vous pouviez arrêter de
parler, parce qu’on va facilement se faire repérer comme ça…
Adrien haussa les épaules en regardant Florian. Linda lui adressa un sourire,
et ils cessèrent de parler. Linda avait eu beaucoup de chance. Elle avait
marché pendant des heures sans rencontrer personne, et était arrivée dans
cette ville abandonnée, où elle était tombée sur Diego et ses amis, Florian et
Adrien. Elle n’avait plus peur maintenant qu’elle était avec eux. Adrien, avec
son sourire et sa façon de lui parler, la rassurait et lui avait rendu le
sourire. Elle n’était pas amoureuse de lui, mais il y avait quelque chose chez
lui qu’elle aimait, et elle se demanda en le regardant si elle n’allait pas le
devenir.
Ils marchèrent en silence pendant un bon moment, quand soudain, Florian leur
fit signe de s’arrêter et de ne plus faire un seul geste, ni un seul bruit. Il
avait entendu quelque chose… « On est suivis », songea Florian, en faisant à
Diego un signe de la tête. Quelqu’un les suivait, depuis qu’ils s’étaient mis
en route certainement… Florian murmura à Diego de le suivre doucement, et ils
se retournèrent, avançant lentement vers l’endroit d’où ils venaient. Linda
prit peur, et recula, saisissant la main d’Adrien, qui lui sourit en lui
disant de ne pas avoir peur. Florian et Diego avaient déjà disparus dans les
broussailles, et avançaient toujours lentement, au même rythme. Soudain, ils
se figèrent, quand ils virent des silhouettes au loin, dont une tenant un
drapeau blanc. Les silhouettes se rapprochèrent. Bientôt, Florian reconnut
Romain et sa bande, qui avançait vers eux en souriant.
Chapitre 9 – Les ricochets
Sandrine et Caroline étaient assises au bord de la rivière. Sandrine jouait
avec les galets, les faisait ricocher sur l’eau glacée, et Caroline la
regardait en riant. C’était le matin déjà, on avait entendu le rapport des
morts, et elles ne se sentaient pas très tristes pour leurs camarades, en
réalité elles étaient même assez heureuses car elles n’avaient jamais pu les
supporter.
Elles détestaient ce sentiment de supériorité chez eux, cette impression
qu’ils donnaient d’être toujours sûrs d’avoir raison. Elles n’aimaient pas
leurs airs suffisants, leur arrogance… Les seuls qui trouvaient grâce à leurs
yeux étaient peu nombreux… Julie, Marina, Linda… Florian, Diego… Caroline
avait beau chercher, elle ne voyait personne d’autre. Elle continua à regarder
Sandrine jouer avec les galets, en silence, l’air complètement ailleurs.
- Bon on y va ? demanda-t-elle soudain.
Sandrine tourna la tête, et lança son dernier galet.
- Oui ma belle, on y va, répondit-t-elle en souriant.
Elle attrapa son revolver, se redressa sur les coudes, et se leva, l’air
enjouée. Elle avait toujours l’air joyeuse, se dit Caroline. Elles s’étaient
connues à l’école primaire, et depuis cette époque elles ne s’étaient plus
quittées, elles étaient comme les deux doigts de la main.
Elles s’enfoncèrent dans les broussailles, et débouchèrent sur une grande
plaine. C’était une région sauvage et fortement boisée. Devant elles, se
dressait le sommet d’une montagne, baigné par le soleil matinal. Elles
marchèrent aussi vites qu’elles le purent, car elles étaient à découvert et
elles devaient arriver le plus vite possible dans la foret qui s’étendait le
long de la montagne. Elles marchèrent si vite qu’au bout d’une heure, elles
n’étaient plus très loin du sommet de la montagne.
Elles montaient toujours, les jambes meurtries par le fouet des branches, les
épines, les rochers. Au bout de quelques minutes, elles décidèrent de
s’arrêter. Sandrine posa ses affaires contre un arbre, et s’appuya contre lui.
Caroline vint s’asseoir à côté d’elle, et sorti sa bouteille d’eau. Elle but à
petites gorgées, pour ne pas gaspiller l’eau.
- Tu crois qu’on va s’en tirer ? demanda soudain Sandrine, les yeux dans le
vide, son sourire étant devenu plus faible.
- Oui bien sur qu’on va s’en tirer, on va survivre, on va gagner le jeu, et
après on rentrera chez nous…
Caroline n’était pas sûre qu’elle pensait ce qu’elle venait de dire. Comment
pourraient elles s’en sortir toutes les deux, si il ne devait rester qu’un
seul élève vivant ? Caroline se dit alors qu’a un moment ou un autre, elles en
viendraient à penser à cela, mais elle refusa d’y penser d’avantage. Mieux
fallait se mentir, pour au moins garder espoir.
- J’espère que tu as raison… répondit Sandrine, en souriant toujours
faiblement. Et… Si jamais il ne devait rester qu’un seul survivant, j’espère
que tu auras le courage de le faire, hein ?
- Faire quoi ? demanda Caroline, devenue soudain inquiète.
- Me tuer… Si l’une d’entre nous doit survivre, ça doit être toi…
Sandrine se comportait encore en maman, elle se comportait comme ça avec elle
depuis toujours, se dit Caroline, les larmes aux yeux. Elle voulait toujours
la protéger, de tout, des autres…
- Ne dis pas ça, répondit Caroline, en s’efforçant de ne pas pleurer, jamais
on aura a faire ça, jamais… Et si on doit le faire, je ne mériterai pas de
survivre non plus, autant se suicider à deux...
Sandrine laissa échapper un petit rire qui ressemblait à un sanglot, et serra
son amie contre elle. Elle allait lui dire combien elle était heureuse de
l’avoir comme amie, mais elle fut interrompue par un coup de feu qui retentit
derrière elles. Quelque chose ricocha contre une pierre, la faisant éclater en
morceaux. Elles regardèrent les débris en contrebas rouler, et se levèrent à
toute vitesse. Quelqu’un jouait à faire des ricochets, mais là, ce n’était pas
pour rire…
Elles couraient à toute vitesse parmi les arbres, aussi vite qu’elles le
pouvaient. Les détonations étaient plus fortes, quelqu’un les suivait et se
rapprochait d’elles. Elles émergèrent de la forêt. Elles étaient arrivées au
sommet de la montagne, et elles étaient des cibles faciles. Un coup de feu
éclata près d’elles, et elles se couchèrent sur le sol, sur le ventre. Elles
rampèrent jusqu'à l’autre côté du sommet, et virent en bas le ravin et la
rivière. Elles étaient coincées. Elles n’avaient plus le choix, elles ne
pouvaient plus faire marche arrière, elles ne pouvaient plus avancer non plus.
Sandrine serra bien fort son revolver, tandis que Caroline se résolu à sortir
son arme, un puissant fusil, muni d’une lunette. Elle n’avait pas voulu s’en
servir jusque là et d’ailleurs elle n’avait pas eu à le faire, car elles
n’avaient rencontrées personne.
- Sert toi de ton arme ! lança Sandrine. Avec la lunette, tu dois pouvoir le
voir…
Caroline regarda dans le viseur. Un nouveau coup de feu éclata près d’elles.
Leur poursuivant tirait à l’aveuglette. Elles devaient être bien cachées par
les rochers, se dit Caroline en scrutant la foret a la recherche de celui qui
les poursuivait. Mais il semblait être parfaitement invisible. A coté d’elle,
Sandrine tirait, a l’aveuglette elle aussi, dans les arbres face a elles.
Soudain, un bruit sourd retenti près d’elles, et Sandrine poussa un cri de
douleur. Elle se tenait la gorge, et le sang coulait sur ses mains. Caroline
lâcha son fusil, et retourna Sandrine sur le dos. Elle se pencha sur elle, et
sorti de son sac la trousse de secours. Mais encore fallait-il savoir s’en
servir. Elle sorti de la trousse des compresses, de l’alcool à 90. Elle
humidifia une compresse et nettoya la plaie à la gorge de Sandrine, qui
toussotait et poussait des cris de douleur. Le trou était de la taille d’une
noisette. Caroline aurait presque pu y mettre son doigt.
Affolée, mais essayant de garder son calme, et pendant qu’on continuait à la
canarder d’en bas, elle serra fort le cou de Sandrine avec un bandage. Ce
dernier devint vite rouge vif. Sandrine sourit, en regardant Caroline dans les
yeux. Elle semblait lui dire que ça ne servait plus à rien, qu’elle allait
mourir quoiqu’elle fasse, et qu’elle la remerciait d’être son amie. Sandrine
remua les lèvres, mais aucun son ne sortit de sa bouche. Ses paupières
clignèrent quelques secondes, et sa tête tomba en arrière. C’était fini, elle
était morte. Caroline hurla, et saisit son fusil, en larmes mais aussi en
rage.
- Où tu te caches, enfoiré ?! Montres-toi, trouillard ! Tu préfère tuer à
distance, c’est ça, t’as pas les c**** de venir en face !
Tout en prononçant ses paroles, Caroline aperçut soudain dans sa lunette une
silhouette qui se déplaçait à toute vitesse entre les arbres, et qui venait
vers elle. Les coups de feu éclataient toujours à intervalles réguliers.
Caroline prit son courage à deux mains. Elle visa en direction la silhouette,
et tira. Le coup de feu l’assourdit, et quand elle regarda à nouveau dans le
viseur, elle vit que la silhouette avait disparue. Elle en conclut qu’elle
avait réussie à la toucher, et que peut être elle l’avait tuée… Un silence de
mort s’abattit bientôt dans la montagne.
Caroline ne percevait que le sifflement fantomatique du vent. Caroline resta
allongée, au cas où les coups de feu reprendraient, mais il n’y eut plus de
coup de feu, et elle finit par se relever, ses vêtements couverts de sang.
C’était le sang de Sandrine, se dit-elle, et elle tomba à genoux près du corps
de son ami. Elle se laissa aller, et les larmes ruisselèrent sur ses joues.
"Sois forte" lui dit une voix intérieure. C’était la voix de Sandrine, qui lui
parlait dans sa tête. "Sois forte, Caro, n’abandonne pas, bas toi". Caroline
sécha ses joues avec la manche de sa chemise, et se redressa lentement, le
fusil à la main. Elle ramassa le revolver de Sandrine et le mis dans son sac.
- Je te vengerai, Sandrine, dit-elle en reniflant.
Elle resta là, devant le corps de sa meilleure amie, le contempla longuement
en silence, puis descendit la montagne, à la recherche du salopard qui avait
tué sa copine. _________________
Paulo Coelho Fan Club |
|
| Revenir en haut |
|
 |
Crydamoure Membre


Sexe:  Inscrit le: 06 Juin 2005 Messages: 239 Localisation: La Ou Les Anges Ne Pleurent Pas
|
Posté le: Mar Juin 14, 2005 12:16 am Sujet du message: |
|
|
jadore ............................;  _________________ Princesse Prisonniere De Ton Coeurs ... Princesse Qui Pleure ... |
|
| Revenir en haut |
|
 |
Kronos Suprème actif


Sexe:  Inscrit le: 19 Mai 2005 Messages: 4619 Localisation: Lille (59)
|
Posté le: Mar Juin 14, 2005 12:19 am Sujet du message: |
|
|
Lol c'est pas grave, je te demandais ce que tu pensais de l'atmosphère et tout
ça Enfin je
ferai comme si ^^ lol, voilà la suite ^^
Je suis entrain d'écrire les chapitres suivants, donc pour le reste, désolé
mais ça arrivera plus tard....
___________
Chapitre 10 – L’ange Noir
La blessure saignait abondamment, mais ce n’était pas la mer à boire, elle
tiendrait le coup. Tout en continuant à marcher le long de la rivière glacée,
qui coulait à ses pieds, Rei Sôda sorti un foulard noir de sa poche et serra
son bras à l’endroit où la balle l’avait touché. Elle avait été atteinte par
surprise. Elle était sortie de sa cachette – de derrière un arbre - pour tirer
sur la fille, mais celle-ci avait dû l’apercevoir - malgré la pénombre
matinale - et elle avait réussi à la toucher. Et maintenant, les rôles étaient
inversés. Rei était blessée et elle était poursuivie par l’une de ses proies.
Rei sourit à cette pensée.
La fille n’arriverait jamais à l’avoir bien sûr, mais Rei devait la laisser la
suivre, jusqu'à l’endroit où elle avait prévue de la tuer. Elle était bientôt
arrivée, se dit-elle en voyant au loin un canot échoué au bord de la rivière.
C’était là qu’elle avait débarqué la veille, et elle comptait franchir à
nouveau le cours d’eau pour aller à la recherche de cibles plus sérieuses.
Pour l’instant, elle avait tué sept personnes, et il fallait bien admettre
qu’elles ne faisaient pas le poids face à elle. Il devait y avoir des
adversaires plus forts, et qui méritaient d’être tués de sa main, de l’autre
coté de la rivière…
Rei stoppa devant le canot. Elle posa son sac, et s’allongea sur le sol, son
fusil de sniper à la main. Elle tenait le fusil difficilement à cause de sa
blessure, mais elle avait appris à oublier la douleur, et ça ne devait donc
pas être un problème. Elle attendit ainsi, allongée sur le ventre, scrutant le
lointain, jusqu'à ce qu’elle vit quelqu’un entrer dans son viseur. Rei sourit,
et quand elle tira, elle vit sa victime s’écrouler sur le sol. Touché coulé.
*
Un froid terrible se propagea dans tout son estomac. Un froid saisissant, si
glacial qu’il en était presque devenu chaud. Le froid se changea bientôt en
une véritable traînée de feu, qui remonta jusqu'à sa poitrine, chassant l’air
de ses poumons. Caroline s’écroula sur le dos, et releva lentement sa tête,
pour regarder le sang qui s’écoulait de son corps, et qui s’échappait en flot
continu. Elle compris alors qu’elle était entrain de mourir à son tour, et se
détendit, appellant la mort de ses vœux. Elle gisait sur le sol, couchée sur
le dos, se tenant le ventre avec les mains. Pourtant, elle ne ressentait plus
la douleur, mais elle avait mis ses mains sur la blessure comme pour
l’effacer, pour faire comme si elle n’avait jamais été blessée. Le ciel était
d’un bleu éclatant… Un bleu si éclatant que Caroline avait l’impression
qu’elle pourrait presque se baigner dedans. Le bleu vira lentement au vert, et
ce fut tout. Elle était morte.
*
Rei balança son sac et son fusil dans le canot, et s’assied à l’avant, tenant
la rame avec difficulté. Elle se sentait fatiguée, pas seulement parce qu’elle
n’avait pas dormi de la nuit et qu’elle avait été blessée, non… Elle était
fatiguée de tuer, fatiguée de jouer à ce jeu de la mort. Pourtant elle en
était venue à aimer ça, mais il subsistait toujours au fond d’elle une
étincelle, qui lui disait qu’elle n’avait pas le droit d’ôter la vie à
quelqu’un. Quand sa classe avait été tirée au sort, il y a 2 ans, Rei avait
d’abord refusé de jouer au jeu. Mais quand sa meilleure amie avait essayé de
la tuer, et qu’elle vit son petit ami périr sous ses yeux, un froid glacial
avait envahit son coeur, pour ne plus jamais partir. Folle de rage, Rei avait
été prise d’une frénésie meurtrière, et avait tué tous ceux qui se trouvaient
sur son passage, même ceux qu’elle aimait, même ses amies. La mort de son
petit copain l’avait transformée. Elle qui était autrefois si douce, elle que
ses amies avaient surnommés "l’ange bleu", car elle portait toujours un ruban
bleu dans les cheveux, était devenue une tueuse redoutable. On la surnommait
désormais "l’ange noir". Elle apparaissait et disparaissait aussi vite que le
vent, laissant toujours comme signature un ruban noir. C’était le signe du
deuil qu’elle portait depuis le jeu. Elle avait enterrée " le petit ange
bleu".
La police de Osaka, les yakuzas, tous la craignaient. En l’espace de quelques
mois, elle s’était imposée comme la plus jeune et la plus redoutable tueuse
que l’on ai jamais vue. Elle excellait dans les arts martiaux et tirait avec
une précision terrifiante. Les plus grands caïds avaient recours à ses
services. Mais un jour, l’un de ces caïds tomba dans les filets de la brigade
anti-mafia, et révéla l’identité de "l’ange noir". Rei fut arrêtée, et
condamnée à la prison à vie dans le pénitencier d’Osaka. Alors quand des
militaires virent lui rendre visite dans sa cellule il y a un mois pour lui
dire qu’elle serait libre si elle participait à ce jeu, elle avait acceptée le
plus naturellement du monde. Elle serait libre, et tuerai ses anciens démons
par la même occasion. C’était le moment ou jamais pour elle d’enterrer encore
plus profondément "l’ange bleu", qui essayait de sortir quand elle regardait
la pluie par la fenêtre, ou qu’elle voyait un couple s’embrasser dans la rue.
Et pendant qu’elle pagayait en direction du Nord, elle pris conscience que "le
petit ange bleu" essayait de sortir à cet instant même. Oui, il émergeait, et
elle n’avait plus la force de le repousser. Des larmes se mirent alors à
couler sur ses joues, si abondamment qu’elle fut obligée d’arrêter de pagayer
pour essuyer le brouillard sur ses yeux. Elle pensa à sa mère qu’elle avait
abandonnée pour commencer sa carrière de tueuse, morte seule dans son
appartement. Elle pensa à Sakura, sa meilleure amie qui avait essayé de lui
tirer dessus, et qu’elle avait dû tuer pour se défendre. Elle pensa à son
petit ami, Shiro, et à tous ceux et toutes celles qu’elle avait dû tuer. Elle
aurait tant aimé ne plus ressentir ce poids dans sa poitrine, ce froid qui
restait agrippé à son cœur.
Un oiseau poussa un long cri strident, et la fit sursauter. Rei repris soudain
ses esprits. Elle recommença à pagayer, une lueur assassine dans ses yeux.
"L’ange bleu" était revenu, mais pas encore assez longtemps. "L’ange Noir"
était de retour, et était plus que jamais décidé à gagner le jeu.
Chapitre 11 – Ne pas abandonner
Julie marchait sans s’arrêter. Derrière elle, Chloé, Marina et Sylvia
avançaient, silencieuses et graves, depuis l’annonce de la mort d’Alexandre.
Personne n’osait rompre ce silence, ne trouvant pas les mots, devant l’air
désespéré de Chloé qui regardait dans le vide.
Soudain, un bruit les fit stopper, alors qu’elles marchaient dans la jungle,
parmi les arbres. Julie s’accroupit avec ses amies, et sortit son arme, un
glock. Sylvia avança doucement avec le sien près de Julie, laissant derrière
Marina et Chloe, qui n’avaient pas d’armes très efficaces : un sécateur et un
couteau de chasse…
Julie fit signe à ses amis de ne plus bouger, et regarda devant elle, prête à
tirer. Elle soupira, quand elle vit que ce n’était qu’un oiseau.
- C’est bon, on peut y aller, ce n’était qu’un oiseau, lança-t-elle, son cœur
cognant dans sa poitrine.
Elle avait cru que c’était quelqu’un, et elle avait vu sa dernière heure
arriver. Pourquoi avoir inventé ce jeu ? Pourquoi envoyer des élèves sur une
île pour qu’ils s’entretuent ? Cela n’avait aucun sens…
Les filles marchèrent pendant encore quelques minutes, puis débouchèrent dans
une clairière. On entendait les vagues mourir sur la plage au loin.
- Et si on faisait une pause ? demanda Sylvia, qui commençait a avoir faim.
- C’est vrai qu’il est déjà midi, observa Marina en regardant sa montre, tout
en gardant sa main posée sur l’épaule de Chloé qui ne réagissait même plus.
Julie secoua la tête, et jeta son sac sur le sol. Les filles firent de même,
et s’assiérent en formant un cercle. Elles se souhaitèrent toutes un bon
appétit, et commencèrent à manger.
La voix de Mr. Dievry rompit le silence gênant qui s’était installé depuis le
matin. Une musique militaire, à la fois enjouée et mélancolique, retentit.
- Il est midi, c’est l’heure du rapport ! J’espère que vous allez bien, bon
appétit à tous ! Voilà la liste des morts…
Fille n°3 – Sandrine Favre
Fille n°5 – Caroline Lima
- En tout, deux morts… C’est vraiment très décevant, vous pouvez certainement
mieux faire ! N’essayez pas de joindre vos forces, rappelez vous des règles du
jeu… Il ne doit rester qu’un seul survivant. Et il ne vous reste plus que
quarante-deux heures. Bien, maintenant je vais vous donner les zones
interdites… J’en rajoute deux de plus…
Sylvia soupira, et regarda ses amies avec un regard déterminé. Elles n’avaient
pas réagis à l’annonce de la mort de Sandrine et Caroline. Pourtant, elles les
aimaient bien, mais elles étaient quelque peu blasées depuis le début du jeu
et c’était comme si elles ne ressentaient plus rien. Julie n’était pas triste,
mais elle avait peur pour Diego. Il était quelque part sur cette île, et elle
devait le retrouver…
- Vous pensez qu’on arrivera à s’en sortir ? demanda Sylvia, l’air abattue.
- Bien sûr. Quand on aura retrouvé les garçons, répondit Julie. Il va falloir
partir d’ici, la zone va devenir interdite…
Brusquement, Chloé se redressa, le regard pâle, et se tourna vers Marina.
- Je… Je ne me sens pas très bien, je reviens…
- Ne vas pas trop loin, sois prudente ! lança Marina.
C’était trop tard, elle était déjà partie, et n’avait sûrement pas entendue
Marina. Les filles hochèrent la tête, et continuèrent leur conversation.
Marina ne quitta pourtant pas Chloé des yeux, qui disparut en un éclair dans
la forêt, son sac sur l’épaule.
*
Sarah et Marion mangeaient en bavardant, assises sur le seuil d’une maison
abandonnée, comme l’était le port et d’ailleurs l’île toute entière. Sarah
était devenue beaucoup plus causante à mesure qu’elle parlait avec Marion.
Elle se sentait à l’aise avec elle, même si elle était un peu lourde par
moments. C’était l’une des rares personnes qu’elle appréciait, dans la classe.
- Et c’est pour ça que je me suis retrouvée dans ce lycée…
Sarah termina sa phrase, devant Marion, qui avait l’air très intéressée. Elle
venait de lui raconter pourquoi elle était arrivée à leur lycée en cours
d’année. Ses parents avaient divorcés, et son père avait déménagé. Sarah
l’avait suivi, et s’était retrouvée du jour au lendemain dans une ville
qu’elle ne connaissait pas, dans un lycée inconnu avec une classe d’inconnus
qu’elle trouvait arrogants et suffisants.
Julie avait été la seule à lui parler, quand elle était arrivée, du moins à
s’intéresser véritablement à elle. Les garçons qui lui parlaient la
draguaient, et elle avait vite senti cela. Sarah n’avait rien fait pour, mais
en quelques semaines elle était devenue très populaire. Tous les garçons lui
souriaient en la voyant, et les filles avaient l’air un peu jalouses de son
succès. Pourtant elle ne parlait à personne, et préférait se mettre à l’écart…
Le rapport de Mr. Dievry qui résonna dans le port abandonné la tira de ses
pensées. Marion s’était relevée, et avait pris son sac sur son épaule.
- Faut partir d’ici, la zone va être interdite…
Sarah déplia la carte. Leur zone allait bien être interdite. L’Est et le Nord
étaient désormais des zones interdites. Il ne restait plus beaucoup
d’alternatives : traverser la rivière, ou aller vers le Sud. A l’Extrème-Sud
se trouvait l’école, et à l’Ouest la rivière.
- Soit on retourne vers le Sud, soit on traverse la rivière…
Marion se tourna vers Sarah, et prit un air pensif. Si elles retournaient vers
le Sud, elles rencontreraient sûrement quelqu’un…
- Et si on traversait la rivière ? Tu en penses quoi ?
- J’avais la même idée… Traversons la rivière.
Sarah se pencha pour prendre son sac et elle partit dans la jungle, suivie de
Marion qui marchait la tête baissée. Dans son sac, Sarah sentait le fusil à
pompe qui bougeait tandis qu’elle marchait. Elle espérait ne jamais avoir à
s’en servir. Elle se dit soudain qu’elles faisaient peut être une erreur. Si
elles voulaient s’enfuir de l’île, elles auraient besoin de trouver du monde,
pas de fuir éternellement. Mais elle cessa d’y penser, et baissa la tête,
s’enfonçant de plus belle dans la végétation.
*
Julie et Sylvia bavardaient depuis une dizaine de minutes, quand Marina se
redressa, l’air inquiète.
- Dites, vous ne trouvez pas que ça fait un moment que Chloé est partie ?
Julie et Sylvia se regardèrent, surprises. Elles n’avaient même pas fait
attention à l’absence de Chloé. Elles étaient tellement plongées dans leur
conversation à propos de leur possible fuite de l’île…
- C’est vrai… répondit Julie, soudain inquiète.
- Je pars à sa recherche, lança Marina.
- Attends nous !
Julie se leva brusquement et avança vers Marina. Sylvia les rejoignit et
ensemble elles pénétrèrent dans la forêt…
Elles n’osèrent pas crier après Chloé, de peur d’attirer quelqu’un aux
attentions hostiles, et se contentèrent de suivre les traces de pas. Julie et
Sylvia tenaient dans leurs mains leurs armes respectives, sur le qui-vive.
Marina était dangereusement en avant, son couteau à la main, et risquait de se
faire tuer si quelqu’un les rencontrait en venant d’en face. Mais elles ne lui
firent pas la remarque. Il ne fallait pas la contrarier, quand il s’agissait
de Chloé, sa meilleure amie.
Elles suivirent les traces de pas pendant quelques minutes, quand soudain,
Marina s’immobilisa quelques mètres en avant. Elle avança lentement, cachant
la vue à Julie et Sylvia, et tomba à genoux en criant. Julie et Sylvia
s’élancèrent vers elle, en courant.
Elles stoppèrent quand elles arrivèrent à sa hauteur. Sylvia poussa un cri de
frayeur, et fit un geste de recul. Julie regarda fixement l’arbre, et sentit
des larmes couler sur ses joues.
Chloé était au pied de l’arbre, assise, les veines ouvertes, son sécateur posé
à côté d’elle, et baignait dans une mare de sang. Marina rampa vers le corps
de son amie, en pleurant et en gémissant, et la prit dans ses bras, la
secouant pour la réveiller, mais en vain. Elle était déjà morte depuis
longtemps. Julie posa sa main sur l’épaule de Marina, qui était effondrée, et
se pencha pour saisir la lettre que Chloé avait laissée à leur attention.
« Mes chères amies,
Sans Alexandre, je ne suis plus rien. Je ne peux pas continuer à vivre, sans
celui que j’aime, et je préfère mourir tout de suite par ma propre main que
par celle d’un participant de ce jeu maudit.
Je sais que je vais vous décevoir par mon attitude, je suis désolée d’avoir
abandonnée, mais je ne suis pas aussi forte que vous. Je vous demanderais
juste de ne pas m’oublier, de survivre, et de venger ma mort… N’abandonnez
pas, ne faites pas comme moi.
Marina, je t’embrasse fort, penses à moi quand tu iras en Californie. J’aurais
tellement aimé y aller avec toi… Tu es ma meilleure amie et je te remercie
pour tout. Surtout ne t’en veux pas, ce n’est pas de ta faute…
Adieu, mes amies, et courage…
Chloé »
Julie laissa tomber la lettre sur le sol, et prit Marina dans ses bras, en
pleurant la mort de leur amie.
- Pourquoi, Chloé ? Pourquoi ?
Sylvia, en retrait, pleurait aussi, mais elle ne voulait pas que ses amies le
voient. C’était pour elle un signe de faiblesse. Elle ne résista pourtant pas
bien longtemps, et courut vers ses amies, prenant à son tour Marina dans ses
bras, qui pleurait et répétait inlassablement les mêmes mots :
- Pourquoi… Tu n’avais pas le droit d’abandonner, pas toi. Pas toi, Chloé… On
devait tous rentrer ensemble…
12h20
Morts :
Fille n°4
Survivants : 13
Marina, qui était d’ordinaire si joyeuse et si dynamique, était complètement
abattue, et sanglotait, dans les bras de ses amies. Julie lui baisa tendrement
le front, et la releva doucement.
- Marina… On doit y aller… La zone va être interdite…
Marina renifla, et regarda le corps de Chloé, qui gisait près de l’arbre. Elle
n’aurait même pas le droit à une sépulture. Marina fit quelques pas, et resta
près du corps de Chloé, sans rien dire.
- Je n’abandonnerai pas, tu as ma parole. Je n’abandonnerai pas…
Elle posa sa main sur les cheveux de Chloé, et se retourna vers Julie et
Sylvia, qui l’attendaient, les yeux rouges. Elles restèrent quelques instant
immobiles à regarder Chloé, puis Julie ramassa la lettre qu’elle avait laissé
tomber par terre, et prit Marina par le bras, l’entraînant en avant, dans
cette maudite forêt qui avait tué tellement de monde.
*
Sarah et Marion marchaient le long de la rivière en silence, s’arrêtant un
instant pour écouter, et repartaient. Le courant de la rivière était rapide…
- On va devoir nager contre le courant, dit Sarah. Et en silence…
- Tu nages bien ? demanda Marion, qui n’avait jamais vu Sarah en cours de
sport.
- Je me débrouille… Allons-y.
Elles accrochèrent leurs sacs à leur cou et se mirent silencieusement à l’eau.
Elles gagnèrent rapidement, côte à côte, le milieu de la rivière. Sarah
nageait avec aisance dans l’eau glacée, mais Marion en revanche avait du mal à
se mouvoir, et crachait de l’eau.
- Ça va ? demanda Sarah.
- Oui, ça va aller…
Elles continuèrent à nager, ne laissant que leurs têtes dépasser. Mais
brutalement, Marion fut emportée par le courant qui était plus fort qu’elle,
et se retrouva dix mètres en arrière. Sarah se retourna, et se mit à nager
vers elle, tendant le bras pour l’aider. Quand elle arriva près de Marion,
après un effort de tous les instants contre le courant qui l’entraînait, elle
vit la machette briller dans l’eau.
- Désolé, Sarah, mais je ne te fais pas confiance…
- Allez, viens, ne sois pas stupide !
Sarah tendit son bras, mais Marion le repoussa, tenant sa machette. Elle la
brandit au dessus de l’eau, et regarda Sarah d’un air menaçant.
- Je sais que tu essayes de te servir de moi, je ne suis pas dupe !
- Alors pourquoi j’essayerais de t’aider ?
Sarah était encore toute déboussolée, quand Marion approcha avec sa machette.
Par un réflexe de survie, Sarah plongea rapidement sa main dans son sac,
pressant la détente de son fusil, qui perça la toile du sac. Marion eut l’air
surprise, et ses yeux s’agrandirent. Du sang se répandit dans l’eau, la
teintant de rouge.
- Espèce d’idiote, je voulais t’aider… Je voulais juste t’aider…
Sarah se laissa flotter sur l’eau, qui l’entraîna à toute vitesse. Elle
regarda le ciel bleu au dessus d’elle, et ferma les yeux, soudain très
fatiguée. Elle ne sentait même plus le coup de machette que Marion lui avait
asséné avec les forces qu’il lui restait. Elle se mit à penser à ses parents,
à ses amis d’enfance, à celui qu’elle aimait, Jonathan, qui était resté là où
elle habitait autrefois et qu’elle ne reverrait plus jamais, puis elle mourut.
Quelques mètres plus loin, le corps sans vie de Marion flottait lui aussi à la
surface de l’eau, une eau qui était devenue rouge pourpre.
13h08
Morts :
Filles n°8, 13
Survivants : 11 _________________
Paulo Coelho Fan Club |
|
| Revenir en haut |
|
 |
sirius Petit nouveau

Sexe:  Age: 17 Inscrit le: 13 Juin 2005 Messages: 5
|
Posté le: Mar Juin 14, 2005 10:16 am Sujet du message: |
|
|
Un film plutot bien pensé, malheureusement on regrette le manque d originalité
du a un scénario trop holliwoodien mais c est un film qui est interressant l
enigme est bien suivit
8/10 a conseillé _________________ Tout est relatif |
|
| Revenir en haut |
|
 |
Crydamoure Membre


Sexe:  Inscrit le: 06 Juin 2005 Messages: 239 Localisation: La Ou Les Anges Ne Pleurent Pas
|
Posté le: Mar Juin 14, 2005 10:47 am Sujet du message: |
|
|
|
j'adore ce que tu ecris ...a chaque fois que j'en lis un morco je suis pressée
de lire la suite ... tu avais ra | | |