bionique Super actif


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Posté le: Mar Nov 27, 2007 12:00 am Sujet du message: Ajaaj et les 99 : la BD dans la Péninsule arabique |
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| Citation: | Ajaaj et les 99 autres : la
bande dessinée dans la Péninsule arabique
Né au Koweït, Naïf al-Mutawa a passé toute son enfance aux USA où il a
également commencé sa carrière professionnelle. Mais celle-ci a vraiment
changé lorsque - dans un taxi londonien paraît-il - lui est venue l'idée de
lancer une bande dessinée associant à la fois les techniques narratives et
figuratives des comics contemporains et les références culturelles propres aux
enfants arabes et plus largement musulmans.
Lancé depuis le Koweït en septembre 2006, son projet a immédiatement été
adopté par le public à qui il était destiné, en Egypte en particulier. Sa
société de distribution, Tashkeel - agent pour la région des produits Marvel
(Spiderman,Batman...) - a reçu le soutien d'importants investisseurs où
figurent certains fonds d'investissement islamiques. Publication mensuelle,
reprise par plusieurs journaux arabes, la bande dessinée de Naïf Mutawa va
également être diffusée commercialement en ligne.
Si le graphisme de la BD n'a rien de très particulier (le dessinateur, Dan
Panosian, vient des studios new-yorkais de Marvel), cette success story repose
sur un concept que le fondateur de Tashkeel explique de la sorte : entre les
super-héros (Superman, Spiderman, etc.) propres à la culture judéo-chrétienne
et l'imaginaire asiatique des Pokemon avec leurs personnages sans pouvoirs
extraordinaires mais terriblement solidaires, il y avait place pour une sorte
de synthèse porteuse d'une dimension universelle, fondée sur des valeurs
musulmanes associant puissance et solidarité.
Tel est le point de départ des 99, une BD qui regroupe presque autant de héros
venus de tous les horizons du monde et qui incarnent ce qu'il est convenu
d'appeler les "99 attributs" de Dieu (quelques-uns, spécifiquement divins, ne
seront pas "illustrés" par un personnage). Leur chef, Ramzi Razem, psychologue
et historien à l'UNESCO (!), les envoie à la recherche des 99 joyaux,
symbolisant la puissance et la sagessse de la civilisation portée par le
califat de Bagdad, détruite par l'invasion des barbares mongols au milieu du
XIIIe siècle.
La BD dans la Péninsule arabique a connu un autre événement encore plus récent
avec le lancement, à la mi-juillet, de Ajaaj dans la galerie Ibn Battûta, un
des plus grands mall de l'Emirat de Dubaï, qui porte donc le nom du grand
explorateur maghrébin du XIVe siècle.
Comme dans la BD des 99, Ajaaj a le souci d'introduire, sur un scénario
"universel" (globalisé ?), des péripéties locales. Pour les habitants de la
Péninsule, "ajaaj", c'est une tempête de sable. Dans cette histoire supposée
se dérouler dans le Dubaï de l'an 2020, c'est également le nom du héros, un
beau et fort jeune homme qui naît de cette tempête pour se précipiter au
secours d'un certain nombre de victimes innocentes.
Mais seuls deux petits Emiriens, Humeid et sa soeur jumelle Shamma, les héros
de l'histoire, connaissent son existence. Ajaaj n'est qu'un mythe pour tous
les autres, à commencer par leurs parents, deux scientifiques pourtant
spécialisés dans la prospective et l'observation des phénomènes physiques !
Une exception toutefois, le grand-père qui, habité par les légendes
immémoriales du passé, s'avère être le seul capable de porter suffisamment en
avant son regard pour rejoindre la vision des deux représentants de la Dubaï
du futur.
A la différence des activités de la société Tashkeel, la BD mensuelle de
Ajaaj, également téléchargeable sur internet, n'est pas un projet commercial
mais une iniative de Watani ("national"), un programme officiel de
développement social chargé de faire la promotion de l'identité nationale dans
un Emirat où les étrangers, comme dans le reste de la fédération, forment plus
des trois quarts de la population.
Dans une cité-monde résolument tourné vers l'avenir - l'Emirat possède
désormais le plus haut gratte-ciel du monde et pense bien aller plus haut
encore -, Ajaaj cherche à diffuser un message selon lequel la maîtrise des
défis de l'avenir passe par la préservation de l'identité nationale. Dans ce
contexte, la mise en orbite officielle de Ajaaj correspond à une volonté
"d'ancrage" dans les valeurs identitaires locales, ce qui n'implique aucun
refus des Batman et autres Superman, bien au contraire.
Sans doute utiles pour contredire les sempiternels clichés sur
"l'islam-opposé-à-toute-forme-de-représentation" et
"l'islam-religion-de-fanatiques-incapables-d'évoluer", ces nouvelles BD en
provenance de la Péninsule arabique révèlent bien d'autres choses encore. A
l'image du "Mickey du Hamas", elles nous parlent bien entendu d'une
mondialisation galopante.
Cependant, dans cette région richissime placée au carrefour du Vieux Monde et
de la nouvelle Asie, il faut noter un phénomène inédit : après la simple
délocalisation en sous-traitance de produits standards de la consommation
globale, on est désormais entré en quelques lieux du monde dans une nouvelle
phase, celle de la production, à partir d'initiatives locales, d'icônes de la
consommation culturelle mondialisée. |
je suis bien curieux
The 99
:
Ajaaj
:
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