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Méphistophélès Suprème actif


Inscrit le: 10 Sep 2006 Messages: 4084
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Posté le: Ven Oct 06, 2006 8:24 pm Sujet du message: Venin [Nouvelle] |
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Je me lance dans la rédaction d'une nouvelle litteraire, je dois avouer que
certains d'entre vous m'ont largement inspirés, aussi je me propose de la
poster integralement sur ce forum par courts passages au fur et a mesure que
je l'écrirai afin de recueillir, si le coeur vous en dit, vos critiques,
impressions, cris du coeurs et autres joyeusetés.
Ma foi, il me parait amusant que la source de mon inspiration puisse me donner
son avi sur l'oeuvre qu'elle m'a inspiré, et peut être qui sait, me pousser à
la faire évoluer.
Cette nouvelle se nomme Venin. |
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Méphistophélès Suprème actif


Inscrit le: 10 Sep 2006 Messages: 4084
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Posté le: Ven Oct 06, 2006 9:16 pm Sujet du message: |
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Brrr, j'ai presque fini le plan et pour tout vous dire j'ai toujours beaucoup
de mal à commencer la redaction d'un nouvel écrit, je trouve ça terrifiant et
frustrant: pourtant je ne serais tranquil que lorsque je l'aurais fini ^_^ |
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Méphistophélès Suprème actif


Inscrit le: 10 Sep 2006 Messages: 4084
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Posté le: Dim Oct 08, 2006 3:15 pm Sujet du message: |
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Voici comme promis, je poste ce que j'ai écris, le tout début de la nouvelle.
| Citation: | Venin
Plus c’est noir, plus c’est vide.
Partant d’un constat aussi démoralisant, on comprend aisément l’horreur
indicible que put éprouver N. en apercevant la chose. N’ayons pas peur des
mots, la “chose” faisait plutôt tâche dans ce décor parfaitement monochrome,
une ombre sur fond noir. D’une manière générale les gens n’aiment pas le
désordre, c’est incompréhensible pour eux, comment quelque chose qui n’est pas
à sa place pourrait-il cadre avec la logique à angles droits de leurs cerveaux
géométriques ? Sans aucun doute, ça ne rentrerait pas, et puisqu’il faut bien
faire quelque chose du désordre, autant essayer de lui donner un sens. C’est
dans cette optique dans un premier temps que N. avait pris la résolution d’y
regarder de plus près.
Premier constat: la chose était vivante, puisqu’elle bougeait. Suite à une
aussi brillante analyse, on a d’autre choix que de poursuivre sur sa lancée;
ainsi “la chose”, au fil du temps, évoluait de manière subtile et inattendue.
Elle semblait se condenser et devenir de plus en plus tangible jusqu’à
ressembler vaguement à une sphère. N. réprima difficilement un rire
triomphant: une sphère, c’est déjà moins apocalyptique qu’une chose. Néanmoins
lorsque celle-ci se mit à luire faiblement, la jeune fille adopta alors une
position radicalement différente sur le sujet. Sphère plus lumière égale Dieu:
il ne manquait que la voix caverneuse dans cette équation imparable. Avec tout
le respect qu’implique l’ignorance, révérencieusement, elle leva la main sur
cette forme miroitante, avide d’un savoir depuis longtemps oublié; ses doigts
frôlèrent le néant impalpable sans atteindre leur but. Toutefois, cela suffit
au prophète pour recevoir sa toute première illumination: Dieu était en haut
dans son paradis sphérique et clignotant, elle demeurait en bas à la
périphérie du concevable. Que restait-t-il au dehors de ces limites ? Tout le
reste, c’est à dire pas grand-chose.
En vérité il y avait un noyau atomiquo-spirituel autour duquel on gravitait
sans se poser de questions, et il eut été malvenu de la part d’une modeste
particule que d’approcher le responsable de sa gravitation cérémonieuse. Fort
bien, il ne lui restait donc qu’à tourner. Elle s’y essaya mais sans grand
succès car décidément, son corps ne l’entendait pas de cette oreille. N. le
comprit aussitôt: cette difficulté inattendue était potentiellement
problématique. Pour un atome, il n’y a rien de plus bête et de plus humiliant
qu’un électron fermement décidé à jouer les empêcheurs de tourner en rond.
Dans ce genre de situation il arrive même que le noyau remette ses charmes en
question et doute d’être le centre d’attraction de son petit monde. Comprenant
son angoisse, ledit noyau fit acte d’une bienveillance et d’une compréhension
exemplaire: ni une ni deux, il entra de nouveau en phase de mutation. Il se
fit de plus en plus distinct, de plus en plus vrai; quel processus édifiant !
A croire qu’avant d’être aussi vrai, la vérité elle même devait avoir quelque
chose de passablement faux.
Puis vint l’extase, l’accomplissement. La vérité sublime se vit transcendée
sous la forme d’une paroi verte et rugueuse, un brin ésotérique. De nombreuses
aspérités en parcouraient la surface, façonnant à leur manière quelques
étranges caractères à la signification douteuse. N. sut d’emblée à quoi elle
avait affaire: ne s’agissait-il pas là des saints commandements gravés à même
le marbre par la grâce du divin scribe ? Si elle l’avait pu, elle serait
volontiers tombée à genoux puisque il est de notoriété publique qu’il s’agit
là du seul comportement raisonnable à adopter en pareilles circonstances. Le
plafond aux traits inexpressifs, et cependant nobles, la regardait de haut.
Deux mètres cinquante. Il semblait indifférent au fait qu’une aussi absurde
créature rampe à ses pieds. N. quant à elle l’observait avec une expression de
profonde béatitude, dans ses yeux se mêlait avec un agencement un peu
brouillon: admiration, reconnaissance, et peut être même une certaine jalousie
typiquement féminine.
Une telle élévation, pensa-t-elle alors, c’est vertigineux.
Malheureusement, l’illustre plafond ne savait précisément rien faire d’autre
que plafonner. Il demeurait statique des heures durant, fidèle au poste, tel
un engrenage bien rodé qui tourne à la perfection sans pour autant avancer
d’un centimètre. A bien y réfléchir, un esprit aiguisé trouverait cette
comparaison surfaite. Peut-on décemment dire d’un plafond qu’il tourne ? C’est
aberrant ! Non décidément, peut importe le bout par lequel on le prenne, un
plafond, c’est indéfinissable... Celui-ci en particulier.
Subitement, N. se rendit compte qu’elle était éveillée.
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Aneliz Actif


Sexe:  Inscrit le: 18 Aoû 2006 Messages: 800 Localisation: Basse-Normandie
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Posté le: Dim Oct 08, 2006 3:56 pm Sujet du message: |
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Bien, moi j'attends la suite  |
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Grain_de_sable De passage

Sexe:  Age: 21 Inscrit le: 24 Sep 2006 Messages: 53
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Posté le: Dim Oct 08, 2006 5:59 pm Sujet du message: |
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N. comme Nothomb..? (du moin on en retrouve les mms themes)
J'ai hate aussi de voir la suite. _________________ A trop contempler les cieux, les yeux deviennent bleus.. (non, ce n'est pas absurde, juste imagé) |
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Méphistophélès Suprème actif


Inscrit le: 10 Sep 2006 Messages: 4084
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Posté le: Dim Oct 08, 2006 6:07 pm Sujet du message: |
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Nothomb est l'une de mes nombreuses inspiratrices avec Joly, Hesse, Powels,
Becket... Mais celui qui a le plus marqué mon écriture reste Christian Yvon,
indubitablement.
Et non, l'abrévitation N. ne renvoit pas à "Nothomb", il s'agit du prénom de
ma demoiselle
La suite:
| Citation: | Voici que le monde était inondé de couleurs, de parfums, de
bruits réguliers, intempestifs. Une multitude d’atomes, une infinité
d’électrons, et le tout dans un tel faste que l’on finissait par ne plus en
voir aucun. C’était des masses, elles se chevauchaient sous formes de droites
et de courbes, de bosses et de creux. Fini le néant. Timidement, les contours
de la pièce commençaient à se dessiner. Très vite, il apparut – ô surprise –
que le plafond bien loin d’être la seul entité à composer ce monde était
lui-même soutenu par quatre solides murs d’aspect fort respectable.
Nouveau sourire triomphant, c’était au tour de N. de mépriser Dieu.
La formalité accomplie, la jeune fille entreprit d’examiner la pièce. Ici, le
sol : plat, à jamais une valeur sûre. Tout au fond, une fenêtre pourvue de
volets mi-clos offrait une vue impayable sur tout ce qu’il peut y avoir
d’inintéressant et de banale dans une cours : des arbres, des feuilles, du
bleu à n’en plus finir, encore plus de feuilles, toujours plus de bleu… A sa
gauche, une table de chevet et plus loin, un large bureau en désordre. Plus de
doute possible, elle ne rêvait pas, ceci était bien sa chambre. Alors même
qu’elle s’apprêtait à se hisser hors des couvertures, elle remarqua « la
présence » qui dormait paisiblement à ses côtés. Comment avait-elle pu
l’oublier ? La présence est un jeune homme brun aux yeux tristes. Lorsqu’elle
le serre dans ses bras, elle n’entend jamais qu’un seul battement de cœur,
elle en a déduit qu’elle l’aimait. Seulement voila, aussi jeune, brun et
triste soit il n’en restait pas moins une simple présence, une présence qui
venait justement d’ouvrir les yeux. Tout deux se regardent, ils se sourient,
ils s’embrassent. Il fait délicieusement chaud, ici...
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Dernière édition par Méphistophélès le Mer Oct 11, 2006 6:20 pm; édité 3 fois |
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Grain_de_sable De passage

Sexe:  Age: 21 Inscrit le: 24 Sep 2006 Messages: 53
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Posté le: Dim Oct 08, 2006 7:50 pm Sujet du message: |
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Bcp plus fluide que le debut . _________________ A trop contempler les cieux, les yeux deviennent bleus.. (non, ce n'est pas absurde, juste imagé) |
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Aneliz Actif


Sexe:  Inscrit le: 18 Aoû 2006 Messages: 800 Localisation: Basse-Normandie
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Posté le: Dim Oct 08, 2006 7:56 pm Sujet du message: |
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Je suis d'accord avec Grain_de_sable... J'aime beaucoup ta description de la
chambre... ^^
Continue ! |
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Méphistophélès Suprème actif


Inscrit le: 10 Sep 2006 Messages: 4084
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Posté le: Mar Oct 10, 2006 8:28 pm Sujet du message: |
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La fluidité n'est pas une fin en soi, ou plus exactement, à mon sens, la
littérature ne se limite pas à cela.
Cela étant, ma première partie gagnerait à être retravaillé: comme je l'ai
dit, je poste au fur et à mesure que j'écris, il s'agit du premier jet. |
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Méphistophélès Suprème actif


Inscrit le: 10 Sep 2006 Messages: 4084
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Posté le: Mer Oct 11, 2006 6:16 pm Sujet du message: |
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La suite:
| Citation: | Il
fait delicieusement chaud, ici...
Il était plus que temps d’y mettre fin. Non pas que cela eut été désagréable,
bien au contraire, mais il fallait bien se garder d’y céder plus que de
raison. Cette même raison qui avait réponse à tout, la bible du croyant et de
l’athée tout à la fois, avait du reste une idée très précise sur la question
qu’elle ne manquait d’exprimer en ces termes mystiques : « les choses les plus
courtes sont les meilleures ». Voilà qui sonne comme les paroles de quelques
prophètes des temps anciens dont la portée est telle qu’on en reste songeur :
l’œil vide, l’air placide, adoptant une pose grotesque, on s’efforce de bien
montrer combien l’on est admiratif devant cette idée aérienne. Celle là même
qui survole de très haut l’amoncellement sympathique de chair et de boyaux
constituant notre petite personne. La placidité, c’est l’infini des gens
raisonnables.
Mais laissons là les digressions et revenons au sujet qui nous intéresse :
quelle diablerie avait bien pu convaincre N. se s’arracher au confort de son
lit pour finalement s’élancer à moitié nue dans une pièce froide ? A celui qui
ne connaît pas l’horloge, ce problème demeurera insoluble. Elle s’était levée
sans mot dire, animé par un mélange subtil d’excitation et d’angoisse. Elle
avait agis ainsi car du tréfonds de son inconscient était monté la certitude
brutale, incohérante et absolue que le temps était venu.
Certains parlent d’horloge biologique en ce qui concerne le corps, en
conséquence il me parait logique d’employer l’adjectif « frénétique » pour ce
qui a trait à l’esprit. L’horloge. Il s’agit là d’une créature pugnace et
hargneuse : une entité intemporelle qui sonne au rythme lent et décisif de la
fatalité. Elle n’a de cesse de segmenter la journée, de trier chaque activité
en fonction de sa couleur, de son numéro, de sa marque, puis de ranger chaque
bout d’existence dans le tiroir adéquat, avec sa petite étiquette. Il parait
que cette démarche est rassurante, toujours est il qu’une telle gestion
nécessite un ordre rigoureux et un timing précis dans son exécution. Puisque
l’horloge tapait du pied, cela signifiait certainement que le temps alloué à
la section « divertissement, plaisir, contemplation, besoins naturelles et
perte de temps » avait expirée – l’horloge ne s’encombre pas de
sous-catégories. C’est par ce procédé astucieux que l’homme rentabilise chaque
seconde de sa vie en la meublant de bout en bout, en toute innocence, de tout
ce qu’il peut y avoir de contraignant et de malheureux.
On ne lutte pas contre le progrès.
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